Des Îles Usions : Surf et survie.

L’interview choc qui nous raconte tout sur cette aventure hors du commun.

 

 

Le samedi 17 septembre 2011, Tanguy, un ami de Parlementia, nous passe un coup de fil : « Je sors d’une avant première à Brest, j’ai vu « Des Îles Usions » c’est l’aventure de trois potes sur une île déserte, en Indonésie. Leur objectif : survivre et surfer. Il faut dire à Rude Boy de faire une ITW… c’est énorme !!! Les gars sont vraiment fous… »

On attend avec impatience la diff sur Dailymotion et là, on comprend très vite que ce truc mérite d’être vu et revu et surtout qu’il aura du succès !

On prend contact avec Aurel un des gars du trip et sans surprise on tombe sur un type cool, drôle et à fond partant pour répondre à notre ITW… alors, sur cette base, on lui a concocté une série de questions qu’on espère à la hauteur de la qualité du film.

Et franchement on n’a pas été déçu du voyage.   Enjoy …

 

C’était en quelle année et pendant quelles saisons et quels mois ?

C’était en mai, juin et début juillet 2009. On avait plus ou moins calculé la fin de la saison des pluies et l’arrivée des premiers vrais swell. On s’est visiblement bien plus planté sur le premier calcul que sur le second.

 

L’accident avec la vache qui traverse dans l’épisode 2,  on comprend que vous avez arnaqué le loueur de voiture… vous l’avez arnaqué un peu ? Beaucoup ? Ou pas du tout ?

On n’a jamais voulu passer pour de gros Ricains qui font n’importe quoi avec leurs véhicules. Ce sont des choses qui arrivent chez nous comme ailleurs à la différence que chez nous il y a des enclos pour le bétail…

Pour répondre à la question objectivement, oui on l’a arnaqué ! Il y a des rushes sur le bilan et l’état du véhicule qu’on ne montrera jamais ! On a bien abusé finalement…

 

Rassurez-nous La vache a t elle été blessée ?

Non, non ! Ce ne sont que des effets spéciaux ! Tout le budget y est passé !

Il n’y a rien à déclarer à propos de la vache mais cet épisode n’était que le début d’une longue série de galères pour notre véhicule.

 

Et peut-on avoir les mots exacts prononcé par Ronan au moment ou il insulte allégrement la vache ??

Ha ha ! Pour l’anecdote, Ewen et Moi, ça ne nous semblait pas nécessaire de censurer les jolis mots de Ronan. Il avait peur que ça ne passe pas dans le format ‘Grand Public TV’ et donc on s’est fait chier à remplacer ses insultes par des Bips ! Mais tu comprends très bien ce qu’il dit même si c’est un peu camouflé !

Qui a financé un tel trip ? Vous ? Des marques ? Combien ça coûte un trip comme celui la ? Avez-vous mis de l’argent de votre poche ou avez-vous réussi à le faire financer totalement ?

Pour résumer toutes ces questions ça coute très cher, au final et avec du recul, nous avons beaucoup financé notre trip avec nos propres sous…

Lorsqu’on a décidé de se lancer, de concrétiser notre projet, c’est-à-dire de devenir « des aventuriers », c’était en plein hiver 2009. C’est pendant ces mois froids que nous avons écrit et monté un dossier de sponsoring. A cette période, tous les jours dans les médias, nous avions droit à cette fameuse crise qui perdure toujours. Je parle de la crise car ce fut dur d’être vraiment aidé financièrement à ce moment là. Notre projet séduisait mais on n’arrivait pas obtenir ce qu’on espérait. On a pris beaucoup de râteaux et sans les aides ci-dessous, jamais ce projet n’aurait vu le jour.

Alors on y va :

Un Grand Merci à KanaBeach, Nautisme en Bretagne et la Ville de Brest (BMO) qui ont été réceptifs financièrement.

Il nous fallait également beaucoup de matériel comme des panneaux solaires pour recharger les différentes batteries : Alors merci à Plastimo, il nous en on donné 2 sachant que c’est quand même 1500 euros l’unité…

Merci à Dragon pour les lunettes, à FCS pour tout le matos type surf, houses, sacs etc…

Un Grand Merci à notre très cher shapeur du sud Finistère Juanito Surf Board, à Katadyn, qui nous a offert une pompe à filtrer toutes les eaux (excepté l’eau salée) pour un montant de 350 euros.

Underwaters Kinetics (UK) pour les caisses étanches afin de protéger tout ce qui était électronique, caméra etc…

Et pour finir Casino Géant.

 

 

Pourquoi avoir choisi l’Indonésie, l’océan indien ?

A vrai dire, on voulait aller sur une île où personne n’était jamais allé.

Une île pas vraiment répertoriée par les surfeurs, un endroit qui n’avait jamais été surfé ou tous simplement filmé. Un endroit magique non indiqué sur les cartes.

L’Indonésie est connue par une population diverse et variée, de touristes, de surfeurs depuis les années 70. C’est malgré tout un endroit très grand et riche en îles, on s’est dit qu’il y avait sûrement une île vierge dans tout ce merdier.

 

Ewen Legoff ? Son boulot qui ne lui plait pas tellement c’est quoi ?

Ha ! Durant l’intro, lorsqu’on explique un peu notre vie et le pourquoi du « trip » ? c’est juste qu’il a été livreur ou stock man chez KanaBeach il y a longtemps, on a juste tourné des images de mise en situation pour représenter notre idée de départ, de la vie citadine, métro-boulot-dodo…C’était bien représentatif et facile à tourner.

 

 

Aurel tu fais quoi dans la vie à part vagabond des temps modernes ?

Je donne des cours de surf à l’ESB (Ecole de Surf de Bretagne) à la Torche dans le Finistère (29). C’est un label Breton qui inclut 8 écoles dans nos 4 départements.

Je bosse les ¾ de l’année comme Ewen mais qui lui est dans le Pays Basque (64).

J’ai une période intense l’été avec une saison bien chargée. Le printemps et l’automne sont des saisons plus légères avec des cours plus ciblés, centre d’entraînements & perfectionnements pour les jeunes, les ados et les adultes.

Le reste de l’année et plus exactement l’hiver, scoring à l’étranger en trip, écriture de projet et autres…à la cool quoi…

 

Et Ronan son job ? C’est de faire de la réal ? 

Oui carrément mais avant tout c’est un photographe et il est bon ! Il voyage énormément et passe du temps derrière ses objectifs. Il fait de plus en plus de vidéos, il a diverses commandes publiques et privées et donc beaucoup de montage.

 

 

7 planches sont partis ? Combien sont revenues ? C’etait quoi comme board ? 

7 planches, 5 revenues…ça va…

C’est Juanito Surf Board dont je t’ai causé avant :

http://www.juanitosurfboard.com/

Juanito nous a bien aidé, on lui a passé une bonne commande et a été réceptif dans le sens où on a réadapté les shapes, les rails car on n’a pas les mêmes vagues ici qu’en Indo…

On a commandé des boards entre 5’9 et 6’6.

On avait une 7’2 DOC (surf prescription) pour installer une caméra dans un caisson car il n’y avait pas de GO PRO HD à l’époque…On l’a utilisé une seule fois, on a scoré avec, épisode 8 il me semble…

 

 

C’était quoi la température de l’air ? La nuit ? Et la nuit lorsqu’il pleuvait ? Le froid la nuit ce n’était pas trop une souffrance ? D’autant qu’on a vraiment le sentiment qu’il pleuvait toutes les nuits ? Est ce que ca n’a pas été ca le pire ? C’est la ou nous avons été le plus bluffé mis à part par vos runs en surf ;-) 

On va dire  qu’il fait bon, voir même super bon, c’est l’Indo quand même ! Je ne connais pas la température exacte.

On n’était pas sensé prendre pull, blouson, manteau etc… pourtant des fois on aurait aimé être plus équipé sur le sujet…

La journée au soleil ou pas, il fait super chaud même s’il y a du vent et  il est le bienvenu ! Par contre lorsque tu es crevé et qu’il pleut toute la journée, que tu n’as rien pour t’abriter, pas même un k-way, au bout d’un moment tu as froid. Les nuits étaient dures…

La fatigue l’emporte souvent sur le bruit, les moustiques, ce genre de détails pénibles mais pas lorsque tu as froid… Quand Tu entends au loin un orage qui arrive, et même si tu es dans ton hamac vulnérable, tu t’en fiches complètement… Tu y es bien tellement tu es à bout même si  bien évidemment tu préfèrerais être dans ton king-size entrelacé dans les bras de ta cops. Puis un vent se lève légèrement progressif mais surtout continu. Il n’est pas vraiment froid mais le mouvement d’air qui tape sur ton hamac est frais, suffisamment frais pour te réveiller et te dire « putain encore un orage ! » Tu te retournes pour te mettre sur le coté, le dos à l’abri  de la direction du vent pour avoir moins de surface exposée. Tu te rendors malgré le grondement de l’orage sec…Et puis un moment, tu n’entends plus le son de la foret, tu n’entends plus les bestioles qui émettent des bruits en tous genres, et là, tu sais qu’il est pour toi, tu sais que l’orage est vraiment au dessus de l’île et tu es, à ce moment là, vraiment réveillé…. Les éclairs illuminent la forêt et tu aperçois même le lagon lorsque tu lèves la tête de ton hamac. Les premières gouttes tombent, tu sais que tes potes ne dorment plus non plus mais il n’y a pas de communication, le rythme s’accélère, de plus en plus jusqu’au moment où c’est le déluge… Tu n’entends plus rien, le bruit est trop soutenu, tu n’entends ni les vagues dans le lagon  ni tes potes qui gueulent parce que leur hamac prend l’eau et ce malgré le fait qu’il soit à portée de voix…

C’était comme ça tous les soirs et quasi sans exception…

 

C’est bien ce qu’on croit comprendre en regardant votre film.

A vrai dire, sur les 22 nuits passées, il a plu tous les soirs…

Il est possible qu’on soit passé au travers mais s’il ne pleuvait pas en pleine nuit, il pleuvait au petit matin…Des fois il y avait même deux orages dans la même nuit…Bref, c’était soutenu, c’était l’horreur à vivre…

Je pense que ça a été, en effet, une des causes qui a rendu ce trip vraiment pénible, dur à vivre.

On voit bien sur les images à quel point c’est dur de tout gérer avec un temps pareil. Parce qu’il fallait gérer : le feu, les blessures, le matos caméra mais aussi la baisse de motivation ou de moral.

C’est vrai que c’est original de demander à des Bretons ce qui a été le plus dur à vivre en Indo et qu’ils te répondent : la pluie !

 

Discussion en OFF :

Ce qui est intéressant avec cette ITW couplée avec votre film c’est que  ça va nous nous éclairer sur Koh-lanta ;-)…

Koh-Lanta ! J’ai l’impression qu’il y fait toujours beau, en même temps, je t’avoue que dans notre équipe de bras cassés, nous ne regardons pas cette fausse émission truquée à souhait, scénarisée et sans aucune âme !

Merci Aurel ! Ca s’est réglé !

 

Reprenons : 

Vous dormiez combien d’heure ?  

Il me semble que vers 18H il ne faisait plus très clair en foret, c’est dans ces eaux là qu’on se collait dans les hamacs. On se levait vers 5H30 le matin, on déjeunait le riz de la veille et de la noix de coco, on mangeait la pêche du matin vers 10h30-11h et puis le repas du soir vers 16h30-17h, quelques bricoles sans tarder avant d’aller au lit (façon de parler).  Finalement on avait des nuits assez longues mais rythmées par l’entretien du feu afin d’éviter de le perdre.

Pour répondre objectivement à la question, je ne sais pas, ça dépendait des nuits, du temps, de celui qui était de corvée de feu etc…

En fait on est arrivé avec seulement 3 briquets Indonésiens qui étaient morts au bout de 3 jours ! On voulait se la jouer à 100%, se la jouer à la Roots ! On avait un outil Ricain (dont je n’ai pas le nom) constitué d’un manche au bout duquel il y a une pierre en forme de tige et assez longue, comme celle d’un briquet classique. Le tout est relié à une autre sorte de tige métallique crantée, dont la fonction est de frotter violemment les 2 parties afin d’émettre une étincelle à plus de 3000 degrés et qui, en principe, est sensée allumer de la paille ou autre brindille. Sauf que sur notre l’île, tout était constamment mouillé. On a essayé de mettre des trucs à sécher mais ça ne marche pas ce machin là ! On avait aussi les 2 morceaux de bois que tu frottes, une tige verticale que tu prends entre tes 2 mains et que tu fais tourner vite sur elle même posée sur un socle mais on avait pas du tout la technique et en plus ça commençait à jouer sur nos nerfs… Rapidement, on a compris, que le feu c’était sacré et que rien ne devait compromettre sa vie.

 

On vous a trouvé très doué en indonésien vous aviez appris quelques rudiments avant votre départ ? D’ailleurs ta tête de con dans l’épisode 2 ou les mecs parlent devant toi est à hurler de rire !

Honnêtement, absolument pas ! On a passé un mois dans l’optique de trouver une île vierge, tous les jours on a harcelé les Indonésiens, au début c’était n’importe quoi, ça ne servait même à rien puisqu’on n’avait même pas un mot de vocabulaire. Par exemple, lorsqu’on leur demandait notre direction et on faisait signe à droite, ils disaient oui et si on faisait le même  signe pour la gauche c’était des mimiques identiques. Il a fallut direct commencer à apprendre la langue avec un petit book anglais-indo…

On a vraiment fait tout ce qu’on pouvait pour trouver cette maudite île, on est allés partout où on pouvait, on est allés voir plusieurs fois les autorités, on a rencontré des villages entiers pour trouver des pistes, on a été à l’ambassade pour d’autres autorisations, été dans un bâtiment officiel où il y avait écrit en lettre d’une taille d’homme : patrimoine et sauvegarde de la foret indonésienne (traduit à la va-vite) dans lequel on a été reçu comme des rois mais dont on est sortie sans avoir la moindre réponses à nos questions d’autant qu’on voulait traverser une partie protégée et interdite à l’homme… Bref tout un tas d’exemples qui vous prouve bien que naturellement la langue est très vite venue et qu’elle est tout simplement très facile et très accessible… nan franchement c’était une horreur !

C’est clair, au début on ramait grave, c’est flagrant mais les gens sont très patients, ils essaient de comprendre où tu veux en venir et te rendent service. On n’était pas speed, on essayait au mieux d’avoir tout le temps des réponses à nos questions, c’était vraiment excellent comme didacticiel.

 

La gauche de l’épisode 3 à côté de la réserve naturelle à l’air absolument toppissime ? C’est quoi ton souvenir sur cette vague de folie ? 

On est arrivés par derrière, en fait, on avait plus repéré potentiellement la droite de l’autre coté du lagon…

On a pausé la caisse en speed puis on est descendu au hasard dans le zion (foret), on s’est retrouvé en plein milieu, je veux dire de part égale entre la droite et la gauche avec la même vue, la même visibilité sur les 2 spots, le temps d’une série et on a vite compris ! « Oublie la droite on va scorer la gauche direct ! »

La vague est parfaite, pour tout le monde et pour tout niveau sans aucun souci…

Elle part dans 30cm d’eau, tube vraiment bien et assez longtemps. Ensuite, plus elle avance sur la barrière plus il y a d’eau, donc creuse beaucoup moins, s’aplatit et  malgré tout gonfle en prenant de la taille. Si tu es chaud ou si tu as chaud, tu vas au fond pour te caler et si tu n’es pas réveillé, bah, tu restes plus en bas pour carver, travailler tels ou tels trucs…

C’est un skate-park cette vague, par moment elle peut être surprenante, par moment elle peut être chiante, avec des sections molles qui sont dures à travailler, elle est très changeante mais top !

 

 

Ton meilleur souvenir ca ne serait pas comme on peut le voir sur les images lorsque tu es rentré 3 fois dans le tube sur une même vague ? 

Si c’est vraiment jouissif d’avoir un long mur comme ça, de pouvoir s’en écarter, perdre de la vitesse pour se caller dans la paroi et avoir de multiples visions…

 

Pour avoir un peu exploré les photos et les images qui trainent sur toi sur le net, lorsque tu surfes, cher Aurel, j’ai remarqué que tu faisais souvent après avoir pris un bonne vagues des doigts d’honneurs (voir dossier Aurel dans l’album photo de laurent Tosetti sur son facebook ;-)), ne serait ce pas ce que tu fais à la sortie du Barrel dans cette épisode ? Et pourquoi fait tu ça ? C’est parce que tu as le sentiment d’avoir vaincu et dompté la vague ?

DR Laurent Tosetti

Si tu veux savoir sur cette vague où je « claim », j’ai, en début de vague, un bon vrai barrel non filmé par Ronus, ce qui fait 4 barrels sur la même vague…Je claim de joie mon gars !

Ce n’est pas en BZH qu’on peut faire ça !

Même si ce n’est pas les plus gros ou les plus longs tubes de ma vie, le fait de découvrir la vague et de se caler 4 sections comme ça, bah, je crois que le naturel l’emporte !!!

Concernant les tofs de Laurent Tosetti, en effet, j’ai une bonne tendance à faire souvent des gros FucK car je suis soit dégoûté de moi-même, de la belle merguez que je viens de faire,  alors que la vague avait le potentiel escompté ou bien car la vague était une vraie daube ! Bref, je suis de ceux qui cognent leurs board énervé…

Je dirais que j’ai passé déjà une grosse partie de ma vie dans l’eau, à comprendre comment on fait si ou ça…Tu travailles des trucs pendant des années et ça ne passe jamais. C’est donc logique que par moment tu perdes ton sang froid et que tu l’exprimes à ta façon…et c’est bien évidemment la même chose lorsque ça passe ! Du coup, la vague à 4 casquettes, bah, tu claim comme un kids !

 

  

Tu domptes les serpents sans savoir que c’est un cobra ? T’es pas un peu barges Aurel ?

Non pas du tout, c’est cool, j’ai vécu en Guyane pas mal de temps kids et tous ces trucs là ; serpents, araignées, bestioles en tous genres sont des petites notions auxquelles tu t’adaptes très vite…Je suis fasciné pour ces trucs là, beaucoup plus que par les animaux domestiques.

 

Les poules elles avaient un nom : Morgane et Clara, pourquoi ? C’est pour Clara morgane la star du X ?

Carrément ! Elle est dingue…. C’était plus un petit clin d’œil à la cool, c’est venu tout de suite, on n’a pas cherché bien loin et on est resté là-dessus…C’est mignon je trouve, ça fait parler en plus, ça me fait rire, je pense que ça nous a fait rire tous les 3 si loin de notre monde. On a trouvé leurs noms sur le bateau qui nous amenait sur le bout de caillou, on les avait achetées peu de temps avant notre départ… et je ne t’explique pas le bordel au marché de la poule pour faire comprendre qu’on voulait 2 poules pondeuses et non 2 poules à manger…

 

 

 

Vous n’avez pas fait les cochons avec les poules tout de même ? Ca expliquera peut être pourquoi elle ne pondait pas ces garces ? Si ce n’est pas pour cette raison sais tu pourquoi elle ne pondait pas ?

Non, non ! Au contraire, on les a bichonnées au possible, on les a bordées le soir en leur racontant des histoires de coqs supers héros hollywoodiens, on leur a fait à manger tous les jours du riz al denté pour poules anorexiques… On a été vraiment top et à titre personnel je n’ai jamais eu autant d’attention envers une poule…

Je ne comprends pas pourquoi elles ne pondaient pas… je pense que c’est tout simplement les varans qui traînaient autour ne les mettaient pas en confiance, toujours compliquées ces poules !!!!! 

Peut être qu’il leur fallait : Un œuf témoin ? Un coq dans la basse-cour ? Aucun varan aux alentours ? Un peu plus d’amour ? On n’a jamais su, il faut certainement un temps d’adaptation, un lieu où elles se seraient sentis en sécurité. J’irai voir sur Wikipédia la prochaine fois, ou tout simplement voir un poulailler !

 

 Elles donnaient vraiment le sentiment d’être amoureuses de  vous ? 

Oui ! Qui n’est pas amoureuse de nous ? Haha ! C’est ça la question fiston ! Elles avaient surtout l’air bien flippées ! Je pense que les varans leurs mettaient un coup de pression continuelle et qu’elles n’étaient jamais suffisamment à l’aise pour pondre…J’avoue qu’on n’a pas eu le temps de s’occuper de nos poules, du moins de construire un vrai perchoir à l’abri de ces rampants préhistoriques et c’est sûrement ça qui nous a fait défaut.

 

A ton avis elles sont encore en vie ? 

Hélas, je pense qu’elles sont mortes maintenant, je pense qu’elles n’ont pas tenu longtemps.

Je sais pas si tu es au courant mais le varan ne se fatigue pas trop, il arrive près de sa proie, la mord une seule fois avec sa bouche infectée au possible par toutes les merdes imaginables et puis attend que sa victime se meurt d’un empoisonnement du sang pour ensuite la dévorer. C’est un charognard alors non je ne pense pas que les pauvres poulettes s’en soient sorties vivantes. Désolé.

Sniff…

Et pourquoi vous ne les avez pas bouffés lorsque vous vous êtes rendu compte qu’elles ne servaient à rien ? La peur ? L’amour ?

La peur et l’amour sont des notions importantes et sont deux mots qui se « rapprochent ». Des notions qui peuvent te faire perdre la tête et qui ne te donnent pas toujours confiance en toi. Il y a eu un moment sur la fin du trip, un soir, « à table » où nous avons abordé le sujet. Nous avons eu droit, une fois encore à une tempête et ça à duré toute la nuit. Quelle nuit de merde d’ailleurs, je m’en souviens comme si c’était hier ! Le lendemain, elles s’étaient évanouies dans la forêt…Plus de Clara&Morgane, elles nous ont manqué, c’était la loose sur le campement, on a pris une autre claque au moral…

Rire !

 

Tu ne crois pas que Clara avait du mal à marcher (épisode 4) parce que, bande de sauvages, vous l’avez baladée pendant un long moment la tête en bas accroché par une pate tout le long de la plage ? 

Heu…c’est comme ça qu’ils font en Indo pour les transporter, on n’a pas trop réfléchi, on a fait comme on a pu d’autant qu’on était déjà à bout avant même d’arrivé sur l’île.

Je sais que ça choque mais on n’a pas eu de réclamation de leurs parts, enfin je ne crois pas, de toute façon ça change plus grand-chose maintenant…

 


 

Vous avez toujours eu le moral ? Y a-t-il eu des baisses de moral significatives ? Quand Ewen nous dit qu’à cause de la faim, vous aviez souvent les nerfs un peu à vif ça veut dire que vous vous êtes un peu engueulé ? Sinon ca se traduisait comment ? Avez-vous eu souvent envie d’abandonner ?

Je pense qu’on n’a jamais été autant solidaire qu’à ce moment là dans notre vie. Je pense qu’on s’est plus mis sur la gueule pendant la quête de l’île que sur l’île en pleine galère. On a compris très vite ce que ça signifiait de survire (on connaissait seulement le mot) et d’être seul sans moyen de secours ou même de communication pour appeler à l’aide. On a vite compris que le matin tu ne restes pas dans ton hamac à attendre que ça te tombe tout cuit dans les mains et puis c’est beaucoup plus le physique qui a morflé que le mental, on est jeune et con, on rigolait pour un rien, ça allait bien entre nous. De toute façon, on était ailleurs, on était loin, on était spontané, on faisait les choses car il fallait les faire, on calculait que dalle…

Les nerfs à vifs comme dirait W1, c’est lorsque tu t’énerves pour un rien. Lorsque tu fais un truc et que tu n’y arrives pas car tu n’as pas la patience, la concentration ou tout simplement la force pour. Des fois, tu deviens fou, tout seul, car tu n’en peux plus et même une tache aussi simple soit elle, tu n’y arrives pas ou tu mets énormément de temps à la réaliser…Les carences alimentaires et le fait de pas manger grand-chose te limite aussi bien physiquement que mentalement. Je dirais qu’on est allé au bout de ce qui était faisable sans trop y laisser de plumes. Si on était resté plus longtemps on aurait eu des complications surtout avec Ewen qui commençait à flancher. Le matos de Ronus lui aussi commençait à déconner, on avait peur également de tout perdre, tout ce qu’on avait filmé jusque là, bref ça n’allait plus, il fallait rentrer.

Vous avez perdu combien de kilos durant ce séjour ? 

Ewen a une morphologie longiligne, il est grand et sec. Ronus est plus « ours », geek, qui passe le plus clair de son temps bien évidemment assis face à ses écran et fan de junk food (à noter qu’en Off Aurel nous a précisé qu’il fait tout de même attention à ce qu’il mange, il doit surement faire attention à son image… c’est drôle pour un photographe !). Quand à moi je me situe plus ou moins entre les 2.

Alors le plus flagrant ça été pour Ronan qui a perdu de nombreux kilos, Ewen pas grand chose ou du moins que du muscle. Tout comme lui, j’ai perdu de la masse musculaire et ma bonne brioche ventrale latérale, plus communément nommé «  les poignées d’amour ». A vrai dire, ça ne nous a pas fait de mal à Ronan et à moi.

 

Combien de temps exactement êtes vous partis ? Et combien seul sur votre iles de malade ? 

On est partis en tout et pour tout, 2 bons mois…avec 23 jours de survie sur le bijou. 

 

 

Le premier crabe qui est passé au feu dans l’épisode 4 il était bon ?  On veut savoir pour nos prochains runs sur vos traces !!!

En fait, je suis allergique aux crustacés, si j’absorbe quoi que ce soit je fais une réaction radicale et j’y passe rapidement…ça s’appelle faire un Oedème de quick, c’est assez atroce comme réaction, je gonfle et j’explose comme un ballon trop dilaté. Il faudrait vraisemblablement que j’ai avec moi de l’adrénaline au cas où pour contrer le phénomène. Hum…une bonne piqûre à la Pulp Fiction, ça doit être top !

Je ne saurai jamais si les crustacés sont bons, ou quel goût ça  réellement, tout le monde me dit que oui mais quoi qu’il en soit je ne suis pas de grande utilité concernant la réponse à la question ! Désolé !

Bref c’était une question de merde, quoi… 

Mais Aurel t’es allergique aux crustacés ! Ce n’est pas un peu dur pour un breton ? 

Pour être honnête, je ne suis pas de Brest ou de BZH, je suis de l’Est ! Et plus exactement des Vosges (88). D’ailleurs demain je pars fêter Noël chez mes Grands Parents qui habitent dans la Meuse (55) avec quasi toute ma famille. On a été plus élevé à la viande rouge qu’au poisson ! Par contre, je suis peut être malheureusement allergiques aux rampants des mers mais pas aux poissons, sinon ça aurait été un peu compliqué sur notre île à nous !

 

Avez-vous remportez des prix avec ce film ? Faites vous des festoches avec ?   

Oui, 4 festivals. Mais notre vidéo et son montage n’étaient visiblement pas adapté pour ce genre de compétitions. C’est quasi systématiquement la réponse que nous avons reçu des organisateurs ou des jurys.

C’est dommage…

 

Ewen est un cador à la pêche ! Toi et Ronan vous avez été bon aussi visiblement ? C’est quoi la plus belle prise que vous ayez fait à vous trois et êtes vous capable de nous dire ce que c’était comme poisson et son poids ? 

Il est bon c’est clair, il arrive à descendre profond, il a une bonne apnée, de la patience et un bon mental. C’est un très bon chasseur. Je pense qu’avec Ronan on n’a pas été mauvais non plus. On est très vite rentré en mode « compet » avec Ewen dont le but était de ramener le plus gros ! Un classique ! On a fait ex-æquo ! Ce qui m’amène à dire qu’on s’en fichait complètement de savoir quelle espèce c’était, on a mangé du petit fluo au gros sombre…Pas trop méfiant mais quand tu as faim tu manges ce qu’il y a même si ça n’est pas conseillé. 

 

Les génériques sont top nous avons mis du temps à comprendre que chacun des génériques nous resituait ou vous étiez pour chaque épisode, qui a fait le graphisme ? 

C’est la première personne que j’ai connu en arrivant en BZH, C’est Math Z, un de mes meilleurs potes qui s’est bien occupé aussi de nos histoires…Il nous a rendu un grand service sur les illustrations ainsi que sur toute la traduction en anglais. Un grand Merci à lui et à sa copine Sarah pour sa patience car il en a passé des soirées et des week-ends entiers pour notre cause !

 

 

 

Dans l’épisode 5 vous êtes chaud ! La vague creuse fort et parfois c’est très gros raconte nous comment tu te sentais ? La peur ? L’excitation ? Les tubes ? Le take off ? Et l’accident d’Ewen ?

Alors, définissons la vague. C’est une droite qui survole un grand tombant avant d’arriver sur la barrière. Elle se verticalise rapidement à la rencontre des coraux mais bizarrement dans une certaine hauteur d’eau. Bien évidemment elle se tend et tourne vite autour de la barrière pour finir par fermer complètement. Contrairement à son départ relativement cool, je parle du take off, la fin est atroce, il n’y a vraiment pas d’eau et à plusieurs reprises, avec Ewen, on s’est encastré dans les fleurs de corail.

Le problème avec cette vague c’est que tu as du mal à visualiser si elle va ouvrir et si tu vas avoir le temps de sortir du tube ou bien te faire éclater !

Sur certaines, tu le sais, ça passe et tu y vas. Sur d’autres, bah tu ne sais pas vraiment, son interprétation est hasardeuse mais comme on dit dans le milieu surf : « vas y, ça peut passer ! » comme ça pas de gâchis ! Et donc voilà le résultat ! J’ai été par rapport à Ewen, épargné car le pauvre, l’addition à été dur à encaisser : cicatrices à vie, pause obligatoire pour le surf et la chasse sous-marine, l’horreur pour dormir dans le hamac etc…

 

La douleur de vos plaies ? Avec le recul vous n’avez pas trouvé que vous aviez pris un peu trop de risques ?

Si, un peu, probablement mais ça fait partie du jeu non ? On n’a rien sans rien. Je pense qu’on doit passer pour des fous aux yeux de certains ! A vrai dire, lors de la grosse, sess, je pense que là, on a minimisé les risques pour plusieurs raisons significatives et évidentes. La fatigue générale, physique et mentale dues à une longue série d’épreuves éprouvantes, le corps qui ne suit plus dans la réparation des blessures et surtout le fait que pour nous c’était sacrément FAT ! De profil, on avait l’impression que la vague aspirait toute l’eau du lagon, ça suçait sous le niveau de la mer, on pouvait mettre dans certains tubes 4 bus Brestois ! On était complètement à bout et flipper mais à la fois se mélangeait : peurs, craintes, adrénaline et tout cela se déversait dans l’estomac en permanence… Rrrr ! C’était dingue ! 

 

 

Les panneaux solaires c’est énorme comme idée, Ronan a eu combien en physique au bac ? 

Attends, je l’appelle… « Gaz ? Ouais et toi ? Ouais pas mal ! Je suis sur une ITW pour Parlementia et j’ai une question pour toi ! T’es chaud ? Ouais ! »

Voilà sa réponse : « HAHA ! y a du dossier ! J’ai fait un bac électronique et c’est mon prof de Physique à Brest qui a été désigné par l’Académie de Rennes pour rédiger les questions et les réponses pour les épreuves de BAC orale et écrite. J’ai eu, écoute moi bien 18 ! Car j’ai piraté son ordinateur à l’école en faisant un copier collé du contenu de son DD (disk dur). J’ai eu mon bac grâce à la physique et j’ai partagé les réponses à tous mes potes avant les épreuves ! » Voilà sa réponse.

(Aurel est mort de rire…)

Putain dis à Ronan que c’est au moins du pénal ça !!! Qu’on va retrouver l’année de cette session de BAC et qu’on va faire annuler les résultats et que l’ensemble des étudiants de cette année d’épreuves vont être obligés de repasser leur bac et on se fout de savoir si c’est dix piges plus tard !!! Il peut d’ors et déjà prévenir tout ses anciens petits camarades pour qu’ils reprennent leurs bouquins de terminales et entamer des révisions approfondis !

 

Vous avez vu beaucoup de requins ? Sinon quoi d’autres de vraiment magique lors de vos plongées de pêches ? 

On a croisé un petit requin au début du trip en transparence dans une vague, pas grand-chose, la taille d’Homme au max contrairement à celui de la grosse session où à 100m derrière le pic, on a vu un truc Enorme ! Le genre de truc qui te glace le sang et te donne le vertige alors que tu es sur ta planche ! On est resté dans l’eau, que veux tu faire ? Ça n’aurait rien changé de sortir de l’eau, les vagues étaient aussi dangereuses que lui donc R.A.B ! On a eu des moments magiques à coté de ces grands prédateurs, des tombants de coraux multicolores dans un bleu incroyable. Une multitude de poissons aux couleurs vives intenses, murènes, raies, tortues etc…C’était magique de nager au milieu de tout ça !

(R.A.B ca veut dire : rien à branler. C’est une expression vulgaire qu’il ne faut pas dire et ce même si vous êtes un élève de surf D’Aurel et que c’est un peu votre mentor !) 

 

 

Ta persévérance dans ton puits pour trouver de l’eau est impressionnante tu savais que t’y arriverais ? Et franchement en cumulé combien d’heure t’as creusé ? Et quelle profondeur ? 

On s’est tout de même un peu relayé. J’avoue que j’y ai majoritairement passé le plus de temps.

Ewen m’a donné un bon coup de main lorsque je saturais. «  Grossomerdo » on a mis cinq jours je crois. A calculer en heure ça peut paraître gros mais 2 heures par jour, oui, une dizaine d’heure maximum. Je me souviens plus exactement mais je sais que c’était vraiment chiant et finalement pas si profond, genre 2m50…

 

Vous êtes véritablement de très bons aventuriers !!! Comme dirait Denis Brognard… 

2 secondes, je vais Googler le pauvre Denis, désolé, ça ne me dit absolument rien…

Vas-y googuelise !

Ho la vache, ok, c’est l’autre de TF1 pour cette émission en bois…C’est bien j’aurais appris quelque chose aujourd’hui ! 

 

 

Le varan te l’a vraiment fait à l’envers, tu lui en veux ? C’est certainement les scènes les plus drôles !!! Qu’est ce qu’il t’a manqué pour en attraper un et le faire rôtir sur feu ? On comprend que si tu avais eu des chaussures tu aurais pu avoir ta chance. 

Ouais c’est clair, je n’ai pas été très bon sur le coup, je pense que j’aurais dû détacher tout simplement la corde du fusil de pêche et puisqu’il se laissait approcher lorsque tu es calme, j’aurais pu le shooter. Sur le moment, je n’y ai pas pensé du tout. J’aurais pu faire un arc ou autres pièges mais bon le coté coupe-coupe à la main à le pister me plaisait tout simplement. Le guerrier en « mayo » de bain c’est tellement « sex » de nos jours !

 

A partir du 8 ème jour vous étiez au top de l’installation ? Mais du coup je me suis posé la question vous alliez ou pour faire vos besoins ? Dans l’eau ? Dans la forêt ? Et on s’essuie avec quoi quand on est un vrai aventurier ? J’imagine que vous n’aviez pas de réserve de papiers… 

Il y a un bouquin qui s’intitule Mille et Une manières de chier dans les bois ou dans la forêt bref je ne sais plus, d’ailleurs on ne l’a jamais lu, on l’a juste vu en vitrine ! Ca c’est si tu veux qu’on t’explique précisément… mais nous, on a passé beaucoup de temps au Maroc, on savait comment faire…

Papier ? Non, respect à Mère nature,  ce n’est pas du tout écologique, ni hygiénique.

L’idéale, c’est toujours mieux de se laver à l’eau donc tu trouves un spot entre forêt et plage, dans la peine ombre, car tu ne sais jamais si Ronus n’est pas avec sa Cam à faire un plan large du paysage et que tu te retrouves dans le cadrage !

Puis tu fais ce que tout le monde fait tous les jours et tu sautes dans le lagon ! Un classique j’ai envie de dire !

 

Avec ce que vous mangiez y a jamais eu d’ambiance tourista générale ?

Si, soyons franc car ça servira sûrement à d’autre ! Il ne faut en aucun cas abuser de la noix de coco surtout dans des moments éprouvants. C’est un laxatif naturel et donc ça à tendance par moment, à être assez drôle dans le sens, où, de temps à autre sur notre île, tu vois un de tes potes qui traverse la foret comme un balle et qui se jette de toute gaîté dans le lagon, à ce moment là, tu sais que c’est pas parce qu’il fait trop chaud !

Pour ne pas trop faire dans la caricature et être sérieux sur le sujet, qui dit laxatif dit souvent des allers-retours et donc beaucoup de perte d’eau !

Pour finir sur ce chapitre, on n’a pas été malade, aucun de nous trois n’a été cloué dans son hamac à se vider des deux cotés et heureusement !

(NDR : Teheiura et Gérard le basque allaient donc certainement souvent en courant dans le lagon ou dans la peine ombre de la foret…) 

 

Le bananier de l’épisode 7 n’a pas résisté à la force bretonne ? C’est toi qu’est fort ou c’est l’arbre qui était faible parce que franchement tu l’as déterré avec une telle aisance ? 

Petit cours de botanique, un bananier, sans aller dans les détails n’est pas un arbre, c’est la plus haute herbe du monde ! Il peut mesurer jusqu’à 9m ! C’est dingue non ?

Il tombe naturellement avec le poids du régime avec le temps. Et puis ça reste qu’une grosse herbe !

 

 

Au 18 ème jour on voit que vous êtes cuit, physiquement, moralement comment vous sentiez vous au réveil ? 

Mal ! Mais sans vraiment être au plus bas… Je m’explique, après une nuit chaotique, généralement tu souhaites rester sous ta couette, t’as pas envie de voir le jour mais quand t’es dans ton hamac, c’est tout simplement impossible. Tu as mal au ventre mais tu ne sais plus si c’est ton estomac ou tes intestins, c’est sûrement les deux… donc tu te bouges, il n’est que 6 heures du matin, voir encore plus tôt ! Ton hamac est trempé, tu as froid et tu sais qu’à 25m tu as la plage et le soleil pour te réchauffer…Bref, il y a tout pour te faire sortir de ton trou, tout l’opposé de ce que tu souhaites ! C’est un combat de tous les jours, plus tu as géré ta journée, mieux se sera le lendemain, plus de bois, plus de bouffe, plus de temps pour éventuellement aller enfin surfer ! C’est vraiment ces putains d’orages et ses averses apocalyptiques qui ont tout tués. Tu accumules de la fatigue en même temps que les carences alimentaires, tu arrêtes la coco car ton organisme ne la digère absolument plus, l’eau filtrée est dégueulasse à boire au petit matin comme le reste de la journée. Bref, tu n’as jamais été aussi peu au top de ta vie mais c’est parfait de se sentir si faible, si mal, si loin…Malgré tout, tu te sens vivant, tu te lèves, tu dois te bouger les fesses au plus vite pour ? Pour tout simplement te nourrir ! Tu fais avec, tu fonces, tu es mal mais tu vas dans le lagon chercher du poisson, tu dois impérativement faire tels ou tels trucs sinon tu crèves la gueule ouverte ! C’est dit un peu crûment mais c’est la stricte vérité !

 

Dans l’épisode 8 tu nous donnes un cours de surf, on t’en remercie !!! Mais est ce que c’est ce même cours que tu distilles aux kids de la torche et notamment à Hugo notre petit poto ?

Haha ! Pas spécialement… avec le petit Hugo, qui est en avance, on discute déjà d’autres notions, d’autres aspects ! Mais tu as raison c’est un peu ce que je dis à mes nouveaux stagiaires lorsqu’ils ne se bougent pas assez à mon goût ! Je ne suis pas un prof facile, je suis très directif, j’aime bien que les gens arrivent à ce qu’ils se sont  fixés comme objectif ! D’ailleurs je vous invite à passer à la Torche si ça vous branche, ce n’est pas comme en Indo dans le Finistère.

On arrive !!!!!!!! 

 

T’es doué même pour expliquer le surf ! On va te faire de la pub pour ton école de surf la « Aurel Jacob surfing school » ! 

Haha, un jour peut être qui sait ! Pour le moment je suis bien avec le Label Ecole de Surf de Bretagne (ESB)! Je passe du bon temps à l’ESB de la Torche, il me semble que c’est la plus grande structure en France où l’on propose des cours de surf de 5 à 65 ans en toute sécurité dans un cadre idyllique et je pèse mes mots. Nous sommes une bonne et jeune équipe de surfeurs-moniteurs avec un niveau technique très correct ! Nos formules sont adaptées aux différents âges et aux différents niveaux afin d’être plus pointus dans nos démarches et dans nos résultats. Nous proposons également des cours de Kite-Surf, de Char à Voile et de Stand Up Paddle. Je me permets de laisser le lien : http://www.ecole-surf-bretagne.fr/surf-latorche.html

Après ça tu peux leur réclamer un chèque… 

Les serpents, les scorpions, les bêtes en général ne vous ont jamais effrayées ? 

Ce n’est que du doublage, on avait un budget illimité concernant ce genre de choses dangereuses. On n’est pas fou !

Hof, je sais qu’il y avait plein de petits scorpions, d’ailleurs il y a une image où Ewen en bloque un par la queue, on s’est demandé ce que ça aurait fait s’il l’avait piqué mais on s’est dit cela seulement à notre retour pendant le dé-rushage ! Hof, non, je n’ai pas l’impression qu’on soit vraiment sensible à ce genre de bestiole ! Sûrement un peu comme tout le monde mais pas de quoi nous faire rebrousser chemin.

 

Est-ce que puer, être sale, se sentir crade ce n’est pas un peu de liberté retrouvée finalement ? Est ce que ca n’est pas cela que vous recherchiez ?

Si, baigner dans son jus, c’est tellement bon, sentir  le male en difficulté et en pleine effort, on adore ! Je pense qu’effectivement et objectivement, on est parti pour oublier nos cotés métro sexuels !

 

Les mycoses aux pieds d’Ewen elles étaient made in Bretagne ou il les a choppées sur place ? Comment se sont elles infectés ? C’est quoi le « médoc chinois » dont il parle ?

Je vais peut être pas l’appeler pour lui demandé ça, surtout qu’il est parti faire noël à Zurich !

J’ignore l’origine de ses mycoses, mais il a vraiment chopé ces merdes pendant le trip et plus exactement sur l’île ! Puisqu’on était constamment pied nu, dans la terre humide ou détrempée, dans le sable mouillé, dans l’humidité constante dans les hamacs, j’imagine que ce sont des facteurs radicaux aux naissances de champignons. Inflammation de la peau au niveau des plis, coupures ou fissures creusées par l’eau salée lors des sessions de pêche et de surf voilà les ingrédients pour ne jamais cicatriser.

Je peux facilement parler de la notion de douleur avec le médoc chinois (dont j’ai plus le nom), c’était  l’horreur,  le  but d’Ewen était de cicatriser au plus vite et ça marche grave, c’est même impressionnant ! Par contre ça fait mal mais vraiment, tu as la sensation qu’on te met de l’alcool à 90 sur les plaies ! D’ailleurs c’est légèrement coupé à l’alcool, jusque là rien d’étonnant mais le produit est à la basse « de je ne sais quoi » et c’est vraiment efficace. Je pense que ça à sauver  W1, ça a vraiment accéléré le processus de cicatrisation rapidement !

 

Parce que franchement il a encaissé le Ewen… d’ailleurs ici les filles sont un peu amoureuses de lui du genre « on aimerait lui faire des câlins à cet aventurier meurtri et blessé »… 

Ouais, clair, il a pris cher et il a pris pour nous 3 ! Entre ses coupures avec le corail et le coupe-coupe, les crabes qui l’ont pincés jusqu’au sang, ses mycoses, 3 jours d’hosto et pour finir le Chikungunya, le pauvre, il ne s’est pas loupé !

 

Le 21 ème jour vous êtes plus dans votre état normal ? Vous êtes inconscients ? Avec si peu de choses dans le ventre vous n’êtes pas un peu fou d’avoir été dans d’aussi grosses vagues ? Ton sentiment sur ce jour de surf ? C’était quoi la taille à ton sens ?

Je me suis déjà permis de répondre tal. Mais c’est clair ! Quand on a vu les vagues et les souffles, on n’a pas réfléchis, on a tracé direct, c’était pour nous énorme et encore plus vu de coté ou même d’en bas. Comme je disais, tu pouvais y engouffrer 4 bus !  J’exagère un peu quand même mais c’était vraiment impressionnant. Lorsque tu regardes la vidéo, sur certaines vagues, on est tout petit, clair, et sur certaines tu as quelques fois 3 gros souffles d’affilés !

C’est quand même super rare et super impressionnant de voir une telle puissance…

Je n’imagine pas le festival si on avait mis les pros du CT !

 

 

Sans les pécheurs seriez vous restez ? Ou auriez vous trouvé un moyen de rentrer ? Vous en parliez depuis combien de temps de l’idée de rentrer ? 

Le péchou qui nous avait amené devait revenir nous chercher 40 jours plus tard.

On ne pouvait pas vraiment lui faire confiance alors on lui a donné un peu moins de la moitié de la somme convenue ! Au bout du 20ième jour, Ewen n’avait pas vraiment l’air en forme et l’humidité était tellement présente que Ronan commençait à stresser avec son matos et ses bandes vidéo ! Il disait qu’il y avait des trucs un peu chelou avec sa Cam, l’intérieur de sa grosse boite hermétique était piquée, il avait peur que ça fasse la même chose avec le reste du matos et sur les bandes !

On a eu la grosse sess le 22ième jour, c’était vraiment fat partout autour de l’île, impossible de prendre la mer, d’en partir ! De toute façon on s’avait qu’on y était encore pour quelques temps ! On a scoré comme on a pu quelques grosses vagues le matin et ça nous a suffit, on s’est occupé de nos taches quotidiennes l’après midi, Ewen n’était pas pour autant plus en forme et il souffrait en silence…

Le soir même, ça a été pire que tout, le temps était vraiment contre nous, on s’est géré pour gardé le feu à tour de rôle mais trop épuisé on est tous tombé un moment dans la nuit et ce malgré la tempête, la pluie, le vent et le hamac gorgé d’eau ! Au matin, il ne faisait pas encore jour, j’entendais Ronus en cata, j’ai levé ma bâche qui était sensée me protégé de l’eau et qui n’a jamais été vraiment utile, j’ai vu mon pote sous la pluie avec une de ses caméras dans un caisson à la main et qui observait le feu, filmant et fouillant pour trouver au moins une petite braise, rien qu’une, celle qui nous sauverait ! Mais non ! Il ne me voyait pas, je l’observais en silence, comprenant que sans le feu, tout était fini mais comment allait on rentrer ? Combien de jour allons-nous encore tenir ? Je réfléchissais à toutes les solutions possible pendant que Ewen se réveillait au son des ralles de Ronan pestant sur son destin. Je gardais ma place, je concluais rapidement que, sans le feu, ça signifiait qu’on ne pouvait plus cuire le riz, le poisson non plus mais on aurait pu le manger cru…

Il faisait à peine clair et j’entendais encore la houle qui se fracassait sur la barrière…

On avait toujours plus ou moins vu des lumières sur les bateaux de pécheurs au loin des terres, en haute mer, la nuit depuis le début de notre séjour…

Le jour se levait sur la plage mais il faisait encore sombre dans la forêt, j’apercevais les vagues, c’était nettement plus petit que la veille mais gavé de vent !

Avant que mes potes me fassent le topo dont j’avais évidemment conscience, je me suis dis ; vu la houle depuis 2 jours et ce vent fort toute la nuit, forcément, il y a bien des péchous qui ont eu une nuit aussi atroce que la notre. Ça me paraissait clair que les mecs viendraient faire une pause avant de rentrer au continent ! Qu’ils utiliseraient cette île un peu comme un moment transitoire à leur longue route de retour…C’était qu’une hypothèse aussi vaseuse qu’une autre, mais elle me paraissait plausible.

Je me suis levé, le feu était mort depuis quelques heures déjà, Ewen avait vraiment une sale gueule. On savait qu’il resterait encore beaucoup d’efforts à faire rien que pour rentrer à la cote sans parler de tout le reste à faire pour revenir en France. On a ramassé les boards éparpillées dans la foret…et plus la matinée avançait, plus la décision se dessinait naturellement, on a tracé avec Ronan laissant Ewen dans son hamac et on tombé sur 3 indo aux traits tirés ! On les a bataillés pour qu’ils nous ramènent à la cote. Forcément, ils ne voulaient pas vu le temps, la houle et cette tempête de fou puis au bout de 3 bonnes heures de négociation, on a plié notre campement laissant uniquement les poules perdues dans la forêt et nous nous sommes cassés de cet enfer vert !

 

 

C’était quoi l’échappatoire s’il y avait eu un gros gros problème du genre : un d’entre vous qui meurt ? 

Elle est dure cette question.

Je pense que déjà si l’un d’entre nous s’était fait une vraie fracture ouverte et bien dégueulasse, ça aurait été la cata totale ! On n’avait pas de moyen de communication pour les secours éventuels, pas d’équipements pointus en réponse à un cas comme celui cité. En étant déjà en forme, on avait du mal à transporter tout notre matos alors il aurait fallu… je ne sais pas…On aurait tout laissé sauf la boite étanche de Ronan avec les caméras dedans. On y a cru, on a essayé de faire attention mais on ne contrôlait pas tous les paramètres, ce qui fait le ‘charme de la vidéo’…

C’est sur que si l’un d’entre nous s’était vraiment fait un truc comme ça, que personne ne passe près de l’île, qu’on ne puisse pas rentrer avant je ne sais pas combien de temps et que la jambe de ton pote gangrène, avant de la lui couper, laisse tomber, je n’imagine même pas le carnage !!! 

 

Vous leur avez donnez quoi en échange, aux pécheurs locaux, pour vous avoir aidé et pour vous avoir  ramené ? 

Des tunes, normal, les deux poulettes perdues et alone in the dark, de la corde, la pelle qu’on a cassé, la fin du riz, la fin du régime de banane, un coupe-coupe rouillé…presque tout ce qui nous servirait définitivement plus…Ils étaient cool, je crois qu’ils étaient surpris et à la fois content de nous voir, ils ont compris qu’on avaient grave galéré, qu’on voulait rentrer coûte que coûte On a vraiment bataillé 3-4 heures avant qu’ils se décident. Le retour était vraiment flippant, 3 personnes de plus dans le bateau qui ressemble plus à une pirogue que autre chose et sans parler de tout notre matos. On est partis dans la houle de travers et face au vent, c’était super angoissant. Sans eux, on aurait frôlé la catastrophe. Merci les gars ! On aurait pu couler avec vous haha !

 

 

Bravo pour le Zéro déchet !!! Mais bon t’as quand même déraciné le seul bananier de l’île… 

Ça t’a choqué l’histoire du bananier alors je vais rentrer dans les détails !

Un bananier met un an à grandir avant la floraison qui se produit au bout de 7 mois et ses fruits 4 mois plus tard. A la suite de la floraison, le bananier meurt naturellement tout en se laissant une chance. Un peu comme le Phénix qui renaît de ses cendres, le bananier fait de même, il a une sorte de tige souterraine qui forme des rejets, eux même qui re-forment de nouvelles plantes. Donc, tout va bien, maintenant il y a une forêt entière !

Rassuré ?

Petit con !!!

Trouves tu sincèrement que c’est un échec comme vous le dites ? 23 jours dans ces conditions c’est énorme nan ? 

Oui, avec du recul, c’est pas mal. On aurait aimé aller jusqu’au bout, jusqu’au quarantième jour mais les choses ne se sont pas déroulées comme ça, d’ailleurs il fallait mieux puisqu’au retour on amenait Ewen à l’Hôpital des Armées ! Et on a sauvé toutes les images et les caméras que Ronan a enfin fini de rembourser… Je n’imagine pas si on avait tout perdu pour quelques jours de plus…On l’aurait regretté toute notre vie. 

 

Ewen a choppé la dingue, Ronan le Chikungunya vous savez comment ? L’eau ? La bouffe ? Le froid ? Les insectes ????

En fait, on pensait qu’Ewen, lui, avait chopé la Dingue mais après multiples analyses, les résultats révèleront que c’était le Chikungunya. Ronan et moi, nous avons été épargnés !

La maladie d’Ewen est transmise par ces saloperies de moustiques qui ne servent à rien, eux même qui viennent d’Afrique et avaient fait quelques morts à la Réunion et peut être encore aujourd’hui un peu partout dans l’Océan Indien…

 

Vous étiez vaccinés ? Contre quelle maladie ? Y avait quoi dans la trousse à pharmacie ? Vous allez comment maintenant ? On veut des nouvelles précises parce qu’à présent on vous aime et on veut prendre soin de vous !!! 

Merci ! On a eu droit à un cachet de Malarone tous les matins avant, pendant et au retour du trip. ( antipaludéen )

On en a mangé pendant quasi 3 mois. Il me semble qu’on se soit fait vacciner contre des hépatites classiques et la fièvre jaune… Je crois que c’est le même tarif pour tout le monde lorsque tu pars pour ces destinations là. Notre trousse à pharmacie était bien remplie, je me souviens plus très bien mais le frère de Ronan, Gurvan est médecin, c’est lui en personne qui nous a concocté notre trousse. D’ailleurs, pour l’anecdote, on devait acheter un « rosbif » et s’entraîner à recoudre, on ne l’a jamais fait ! A titre personnel, je n’ai jamais regardé ce qu’il y avait dans la trousse mais il me semble que Ronan, dans une autre interview que j’ai lu, disait qu’on n’avait pas de quoi recoudre…

Rires !

Nous avons un article concernant notre trousse sur le net en ligne si vous êtes intéressés :

http://blog.surf-prevention.com/2011/10/14/des-iles-usions-mycoses-piqures-et-plaies-sur-le-reef/

 

Vos jobs ? Vos projets ? Vos lieux de vie ? 

Ronan est photographe professionnel vivant à Brest et passe le clair de son temps devant ses écrans comme je disais plus haut, il fait de plus en plus de vidéo. Il a des commandes pour des films institutionnels, courts métrages privés et publics autre que dans le surf.

Ewen vit à Bidart ! il surfe !

Moi je bosse à la Torche, je vis essentiellement dans le Finistère entre Brest et Quimper, entre aéroport et gare routière. 

 

On peut lire à la fin que vous avez envie de recommencer ? On en est ou de cette idée ? Que vous faut-il pour réaliser cette idée ? 

Un budget, des sous, beaucoup, car le projet est énorme ! Nous couchons sur papier  les premières idées,  ce nouveau projet  ne devrait voir  le jour qu’en 2013. On rajoute cette fois-ci, une particularité, un bateau non habitable qui nous sera utile pour traverser d’îles en îles. On a trouvé un endroit qui n’a jamais été exploré, un endroit vraiment sauvage. Nous voulons  rencontrer des autochtones coupés du monde, voilà ce que je peux en dire… l’endroit restera secret.

Un peu plus renseignement  prochainement en suivant nos péripéties sur : http://ronangladu.com/

 

Ton bilan perso sur cette aventure ? Celui des autres ? 

C’est une chose à faire dans sa vie au moins une fois. C’est la réelle confrontation de soi même face à la nature qui reste hostile, se prouver tout simplement si on est capable de ne survivre sans aucune aide extérieur et par ses propres moyens. C’est comme si on vous déposait dans un endroit avec un seul briquet et qu’on vous dise « démerde toi maintenant, on revient dans 40 jours ! » Même motivé, on n’a pas réussi à trois haha ! Je pense qu’on serait d’accord sur cette vision des choses, l’idée venait de nous 3, on s’est battu pour y arriver, on a perdu, c’est une belle leçon de vie !

 

 

On a passé notre temps à Chazamer le film donc une mention spéciale à la BO qui est vraiment stylée, qui a choisit les musiques ? Vous êtes assez pointu  c’est agréable. 

Merci encore une fois ! Disons les choses comme elles sont et comme depuis le début, on a de bons goûts en effet ! On est pas mal branché zik depuis longtemps, connecté à beaucoup de labels, d’artistes et d’amis qui nous balancent des liens coup de cœur. On savait que la vidéo était destinée au grand public, on savait qu’il ne fallait pas mettre du vieux punk trash ou du hard teck sur-vitaminé martelant du kick à souhait ! On a vraiment mis ce qu’on aimait, on s’est fait plaisir et un grand merci à tout ces artistes qui nous on aidés !

Je vous laisse avec la BO d’ailleurs et elle est dans l’ordre des épisodes :

Rone : Bora Vocal

Fresharts : Electronic sounds

Guts : Nightmare of Paris

Wax tailor : This Train

Wax tailor : Sit&listen

Chinese Man : Washington square

Guts : The living is easy

Guts : I want you tonight

Yult : Blooming

Chinese Man : Ordinary Man

Guts : Good Morning

Popof : Do you want me

Wax Tailor : How I fell

 

Un mot, une phrase pour finir ?

J’aurais aimé faire une conclusion philosophique à cet entretien mais ça sent la belle merguez alors je dirais simplement que régulièrement je pense encore à  Clara & Morgane perdues sur cette l’île déserte. Elles me manquent tout comme la droite & la gauche de dingue. Je me laisse imaginer parfois qu’elles sont encore en vie et au fond, qu’elles auront eu une vie bien différente de leurs congénères qui auront vécu pour la plupart en batterie, dans des conditions vraiment infectes en attendant l’abattoir!

J’aimerais aborder un autre moment fort de notre vie lié à cette expérience. Une sorte de congrégation au Ciné-Multiplex à Brest où l’on avait rempli la salle avec plus de 500 personnes, toutes nos familles, nos amis proches et qu’à la fin de notre film, on se soit fait acclamer comme jamais on n’aurait pu l’imaginer. Merci à tout le monde d’être venu !

Merci à tous ceux qui ont regardé les épisodes et qui les ont fait partager.

A noter que les épisodes continuent d’être regardés et en nombre !

A ce jour, nous avons près de 250 000 vues sur l’ensemble de la série, le teaser a été visionné plus de 27000 fois et certains épisodes plus de 18000 fois…

Merci à mes 2 grands potes Ronan & Ewen pour ses moments incroyables et leur patience à mon égard, à nos proches une fois encore, à nos copines, à nos familles et tous, de loin ou de près, qui nous ont supporté pour l’accomplissement de ce projet sans oublier les sponsors.

Merci de ne pas nous perdre de vue en attendant notre prochaine vidéo.

Merci mon Rude Boy pour cet entretien, j’ai trouvé tes questions tops !

Hâte qu’on se retrouve dans le Pays Basque pour une session et bonne continuation à toi.

Et enfin pour tous ceux qui aiment et sont fans de Dés’iles’usions, on a une version longue en DVD de 1H20 contrairement à la Web série qui ne dure que 65mins ! Sans parler des T-shirts, casquettes et autres que vous pouvez trouver sur le site  http://desilesusions-lefilm.com/ ou sur son FaceBook si vous avez la moindre question, nous vous répondrons dans les plus brefs délais.

A très bientôt pour de nouvelles aventures !

Merci Aurel !!! Nous avons passé un moment génial avec un mec génial qui respire l’humain, la joie, la vie quoi !!!

Un grand merci à ces trois aventuriers qui nous paraissent, après cette ITW, encore plus barrés et encore plus fort qu’on ne le pensait ! Franchement ? CHAPEAU les mecs !!!

 

 

 

 

LE PIT BULL, LE CROCODILE ET LA TORTUE :
Retour à Tamarindo, Costa Rica...
by Terry Kingtown -



Aéroport de Libéria, Costa Rica, la porte de l’avion s’ouvre sur la chaleur suffocante de l’Amérique centrale qui nous accueille comme de vieux amis.

A nous la Pura Vida ! La « Pura Vida », l’expression des « Ticos », les habitants du Costa Rica qui définissent ainsi leur rapport unique à la nature comme « la vie pure », pas d’interférence culturelle là-bas, c’est la nature qui t’envoûte, le moindre coucher de soleil vaut pour tous les Rubens de la terre.

C’était mon troisième périple dans le Guanacaste, cette région du Nord-Ouest du Costa Rica, à la frontière du Nicaragua côté océan pacifique -

Mes précédents surf-trips dans ce beau pays dataient de la fin des années 90, à l’époque je voyageais seul et je passais mes journées à surfer du matin jusqu’au soir, cette fois-ci plus de dix ans après je débarquais avec ma moitié, « Cool Girl », avec l’envie de lui faire découvrir cette région magnifique un peu comme on pourrait présenter un vieux copain à l’élue de son cœur …


J’étais par ailleurs très curieux de voir comment le pays s’était développé depuis mon dernier voyage. J’avais ainsi lu dans un guide que dans ce good old village de Tamarindo il y avait désormais quelques galeries commerciales climatisées ainsi que des constructions bétonnées qui défiguraient la magnifique canopée de la jungle costaricienne. J’avais du mal à m’imaginer la chose, pour moi le village de Tamarindo c’était le petit camping au bout de la plage, le café negra au petit matin, la traversée épique de l’estuaire pour rejoindre les pélicans de Playa Grande, les iguanes et les crabes multicolores de Playa Avellanas, et évidemment les sessions de surf sans fin au lever du soleil, le matin, le midi, l’après-midi et au coucher de soleil, un peu tout le temps en fait, avec pour seul équipement un short de surf et une bonne vieille planche …

C’est bien simple tu passes toutes tes journées dans l’eau à surfer des vagues parfaites dans ce pays !


Domingo –

Direction Tamarindo au petit matin, sur l’Interaméricana, la route qui traverse toute l’Amérique centrale, à l’époque lors de mon premier voyage je l’avais emprunté pour remonter vers le Nord, à la frontière du Nicaragua, histoire d’ aller surfer le célèbre spot de Witches Rock, Roca Bruja, « le rocher de la sorcière », un spot de surf incroyable avec des vagues ultra-rapides qui tubent à tous les coups dans un cadre magique, le parc national de Santa Rosa.  Il fallait slalomer entre les nids de poule, je revois encore cette longue route, les rapaces qui tournoyaient dans le ciel sur mon passage en pleine saison sèche dans une chaleur à crever sur place,

ça avait été toute une expédition pour aller là-bas, je m’en rappelle comme si c’était hier.

J’avais eu la chance de prendre en stop sur la route un local qui galérait avec sa planche de surf sous le bras, Jésus, un jeune mec très sympathique qui du coup m’avait accompagné jusqu’au spot : un trajet épique !

D’abord il faut trouver la bonne entrée au milieu de toutes ces pistes qui traversent la jungle, puis tu arrives dans une clairière pour garer ton véhicule, là tu t’engages dans la jungle au milieu des iguanes, des singes, et une bande de ratons-laveurs te fonce entre les pattes. D’après Jésus ils peuvent t’ouvrir n’importe quel type de sac, un vrai cauchemar pour les campeurs qui ne peuvent rien laisser trainer dans cette forêt, et puis soudain on se retrouve face à un lac marin à traverser.

C’est marée basse , tout va bien, on a de l’eau que jusqu’au mollet, Jésus sifflote mais je ne suis pas vraiment  rassuré, surtout quand on rejoint un passage dans lequel on ne voit plus du tout le fond …

Des lentilles vertes à la surface de l’eau à perte de vue, ouais ouais ouais, mais comment voir s’il y a des crocos dans ces conditions, ah oui je vous ai pas dit ce putain de lac est truffé de crocos, moi dans le guide j’avais lu qu’on pouvait passer les pieds à sec, t’es sûr que c’est le bon chemin Jésus ?


Bon heureusement on sort enfin du lac et nous nous retrouvons sur la plage, immense et déjà en surchauffe, il y a un vent off shore à retourner les tortues, il faut marcher un bon kilomètre le long de la plage sous un soleil de plomb pour se retrouver face au spot.

La marée est encore trop basse, le spot ne fonctionne qu’à mi-marée, il faut attendre un peu que la marée monte pour se mettre à l’eau, Jésus retrouve un de ses potes de Libéria, Felipe, nous sommes dans un sous-bois à l’abri du soleil, ils sortent du papier journal en rigolant et se roulent un énorme joint d’herbe, ils ne sont quand même pas aller chercher l’herbe dans les fourrés ? Evidemment ils me proposent de tirer là-dessus mais je refuse poliment, mon éducation catholique m’empêche toute compromission avec les paradis artificiels, et puis les vagues que je vois dérouler devant moi sont très très creuses, je me dis qu’il faut rester serein avant d’aller affronter ces monstres à la mi-marée, le meilleur moment pour aller surfer ce spot de légende.


Jesus y Felipe. Avril 1998


Je brûle d’impatience, ça y est je suis à l’eau dans les vagues les plus creuses de l’année ! Des tubes, des cylindres, des tunnels, tout ce que tu veux, et ce matin-là surtout des gauches, faut que je me jette dans le take-off back-side, dos à la pente, c’est très casse-gueule, je fais plusieurs tentatives infructueuses pour me lancer dans le mur mais j’hésite …

Jésus et Felipe me rejoignent au peek, je constate que Jésus a un énorme tatouage de scorpion dans le dos, ils sont hilares et très excités, ils hurlent à chaque take-off et Jésus se prend d’énormes boites, il ne se pose pas de questions, goofy, il se cale direct dans le tube de la gauche mais a vraiment du mal à ressortir, c’est un massacre, l’avantage c’est qu’au bout de trois chutes spectaculaires il revient peu à peu à la réalité, nous continuons à surfer, j’arrive à partir sur des épaules qui ouvrent, on reste à l’eau pendant deux heures, le cadre est idyllique, perdus que nous sommes au milieu de cet espace protégé où la légende dit que des vagues parfaites déroulent tout au long de l’année.


A la suite de cette session mémorable le vent se lève encore plus fort et je me décide à rejoindre ma voiture tout seul comme un grand, je marche péniblement sur la plage, au milieu de ce qui pourrait ressembler à une tempête de sable, sur mon passage une tortue renversée sur le dos ! Comment c’est possible ?

Un groupe de promeneurs l’a remet dans le bon sens et l’accompagne jusqu’à l’Océan, j’arrive au bout de la plage et traverse la dune, face à moi le lac marin, je l’avais oublié celui-là ! Sauf que c’est désormais la marée haute et que partout où je regarde je ne vois que de l’eau, des lentilles vertes, de la végétation luxuriante, comment je vais faire pour m’en tirer ?

Je suis saisi d’une d’angoisse inexprimable, ça me rappelle, comparaison bizarre,  la sensation que j’avais eu quand enfant je m’étais perdu dans un supermarché…

Heureusement au bout de quelques minutes Jésus se pointe en rigolant et me dit qu’il va m’aider à traverser. Je ne suis pas rassuré du tout mais je le suis tel un prophète, cette fois-ci dans les passages les plus délicats on a de l’eau jusqu’au cou, je flippe grave et en même temps je me dis qu’il est sans aucun doute capable d’étrangler un crocodile à mains nues, comme tous les mecs tatoués jusqu’aux oreilles …

On est finalement sorti du marécage sans encombres et Jésus m’a aidé pour retrouver la voiture, je suis alors reparti vers de nouvelles aventures, merci encore Jésus …


Cette anecdote racontée sur le chemin de Tamarindo a un peu inquiété Cool Girl, dis-donc tu m’avais pas dit qu’il y avait des crocodiles dans tous les coins dans ce pays ? T’inquiètes pas mon petit chat c’était il y a plus de dix ans dans un parc national protégé, là où on va à Tamarindo crois-moi il y a plus de touristes que de crocos.

A peine arrivé dans cette petite station balnéaire sympathique je fonce louer une planche au Banana Surf Club, je choisis un modèle surftech  » Wayne Lynch », une 6.3 de belle facture, noir et orange, mais une fois à l’eau la planche s’avère trop courte, les vagues sont minus, le shortboard ne convient pas du tout, impossible de maintenir le moindre ride. Je fonce échanger ma planche, cette fois-ci  je prends un petit longboard, il est tout rouge, de la tête au pied, trois ailerons, il doit être en époxy je me dis un peu méfiant face à ces nouvelles technologies.

Je retourne à l’eau en courant, je me régale, les vagues ferment un peu mais il y a moyen de surfer jusqu’à la plage et je ne me fais prier pour partir sur tout ce qui bouge, en fait je suis seul à l’eau, en short depuis déjà plus de deux heures …

Plus on approche de la fin de la journée, plus les conditions deviennent cool, le vent se calme, la marée monte, les vagues se font plus régulières, je retrouve tranquillement mes marques. J’ai abandonné Cool Girl en bord de plage, au milieu des Ticos, des profs de surf, des californiens, des pit-bulls, il y a tout un mélange social et transgénérationnel sur cette plage, des jeunes, des vieux, des familles avec des babys, des touristes, des ouvriers, des « surf widows » …

Tout le monde vient checker le spot au moment du coucher de soleil.


J’essaye d’imaginer les couleurs dans le ciel quand la pluie commencera à tomber, il faut se dégoter un spot sauvage pour se faire les sunsets, j’ai hâte.

En attendant histoire de pas dépérir on fonce chez « Nogui », un bar de plage sans prétention qui sert un petit plat local que je vous recommande chaleureusement, c’est le ceviche de poissons, mariné au citron vert avec des petites tomates, du poivron, des petits piments, du persil, c’est juste divin ! Et en plus ils vous servent des petits gâteaux à la banane de compète !

Dans notre chambre après cette première petite journée de surf dans une eau délicieusement chaude et très salée, l’air est tout autant chargée de sel et d’humidité, nos serviettes ne sècheront sans doute jamais.

Dehors des trombes d’eau s’abattent sur la jungle.


Lunes -

Le lendemain soir à l’embouchure de la rivière, du monde et des jolies vagues, des belles gauches de un mètre, sur le spot ça bataille un peu, le « local heroe » du coin se pointe, il a un longboard rouge et blanc et ressemble à Diego Forlan, cheveux blond et nez aquilin. Il manie son engin avec une classe et une décontraction déconcertante, de la question ici d’assumer son statut de roi d’une station balnéaire …

Le soleil se couche sur le spot, pas de vent, tout est paisible, c’est magnifique, je prend une très belle gauche qui m’emmène jusque dans l’embouchure, chemin faisant je manque de passer sur un débutant qui remonte au peek, un autre local qui faisait le malin sans leash perd sa planche, je la prend sur mon pied pendant que je surfe la vague, j’attrape sa board et je lui ramène, une planche avec le logo de Bat man, le mec est tatoué de partout, il a l’air content, devant moi une fille en rouge rame nonchalamment vers le peek, je rêve ou elle m’a fait un clin d’œil ? C’est mon imagination débordante sans doute …


Martes -

Le lendemain matin à 5h30 l’Océan Pacifique, paisible, envoie de belles lignes de houle qui rentrent tranquillement dans la baie de Tamarindo. Pour moi tout seul j’ai envie de dire, quasi personne à l’eau, toujours un joli mètre, easy, c’est la droite qui marche, une droite rapide qui te ramène au bord à chaque ride, c’est la belle vie.


J’en profite pour partir sur quelques belles vagues pendant que le soleil se lève au-dessus de la jungle, à quelques mètres de moi un magnifique poisson saute au-dessus de l’eau, une dorade ? Un mahi-mahi comme on dit ici ? Nous n’en saurons rien, un petit banc de poissons file à la surface de l’eau. Je m’éloigne un peu de la plage et je vais marcher vers la rivière, je retrouve des coquillages familiers, les cônes torsadés de la Playa Grande, cette plage est un lieu unique au monde où viennent se reproduire les tortues Luth, des tortues qui peuvent peser jusque 400 kilos, je suis irrésistiblement attiré par cette plage, pour y accéder il faut traverser l’estuaire, des petits bateaux attendent les touristes pour traverser mais les surfers ne prennent pas le bateau, ils traversent la rivière en ramant sur leurs planches, sans se retourner pour ne pas penser aux crocodiles qui vivent dans le coin …

C’était comme çà il y a dix ans et ça le restera toujours, ce qui a changé aujourd’hui c’est que Tamarindo se développe en dépit du bon sens, une flopée de constructions anarchiques, des immeubles modernes dépassent la skyline de la jungle, on ne voit que ça depuis le line-up quand on surfe, des verrues en béton qui dénaturent complètement le site et avec çà évidemment tous les problèmes qui vont avec : surcharge du réseau électrique, défaut d’approvisionnement en eau, problèmes d’évacuation des eaux usées, … Les promoteurs immobiliers ont ruiné le charme du village de Tamarindo avec leurs délires d’en faire une annexe de la Californie du Sud, Tamarindo a perdu sa « Bandera Azul Ecologica », la qualité de l’eau s’est en effet très rapidement dégradée et il y a beaucoup de constructions qui font fuir les espèces sauvages …

« Save Tamarindo » sur facebook : http://www.facebook.com/group.php?gid=8751297573


Alors à qui la faute ? Comme touriste, avec mon bilan carbone explosif,  en venant passer des vacances ici je favorise ce développement effréné, alors comment faire ?

A minima j’envisage ma vie ici avec le strict nécessaire : une serviette, une planche de surf, une cabane, un fil de pêche, quelques fruits ?


Miercoles -

Journée à Playa Avellanas, un spot au sud de Tamarindo qui a su rester sauvage malgré la naissance d’hôtels et autres restos dissimulés dans l’arrière-pays, l’arrière-jungle quoi ! Longue ballade sur la plage encore déserte, bordée de mangroves, de palétuviers, magnifique à marée basse, perdu dans mes souvenirs, je retrouve à nouveau des coquillages familiers, dans l’estuario les crabes violets dignes de l’univers de « space invader », … c’est la belle vie. Un petit resto à l’entrée de la plage, les chaises sont en bois précieux, je reste debout ( hasta siempre) , méfiant, déforestation ?

De retour à Tamarindo, surf du soir, espoir, pendant le coucher de soleil à l’estuaire, le ciel nous refait son coup habituel, la cérémonie du jaune, de l’orange et du rouge qui nous irradie de sa perfection, et quand les vagues se font métalliques avec les premiers reflets de la nuit, c’est tout un monde de mercure liquide et argenté qui se déverse alors dans mon âme et dans mon corps, dilués au plus profond de l’univers au coeur de cette nuit glassy .


Jueves -

5h du matin : Petit surf quasi seul à l’eau avec un local qui m’annonce des grosses vagues pour bientôt, pas trop tôt je me dis et grisé par la nouvelle je pars sur une très belle gauche qui n’arrête pas de dérouler et m’emmène au fin fond de l’estuaire. Ne suis-je pas une fois de plus allé trop loin ? Je suis plus dans la rivière que dans l’estuaire. Je me méfie des légendaires crocodiles de l’estuario et je prends quelques droites pour revenir vers la plage. L’océan est glassy ce matin, pas de vent, pas d’écoles de surf en vue, il y a un bon mètre, je reste très longtemps à l’eau, dans une ambiance décontractée, pas trop de monde, surfer une belle droite, remonter au peek, surfer une nouvelle belle droite, remonter à nouveau au peek… Je croise  le roi du spot, le local qui ressemble à Diego Forlan, il me demande « good surf » ? Je lui réponds en souriant  » yes cool surf ! » et il me sourit.

La magie du surf c’est aussi ces petits moments à la con où on se sourit d’un air entendu entre surfers …. :-)

Dans la journée ballade avec Cool Girl à Playa Grande, c’est la fameuse plage qui est de l’autre côté de l’estuaire de Tamarindo, c’est un site protégé car les tortues « luth » , des mastodontes qui peuvent atteindre 400 kilos  font depuis des millénaires des allers-retours sur cette plage pour  donner naissance à des baby tortues luths.

Une minute pour traverser la rivière et tu changes de monde : adieu Tamarindo, adieu Sodome et Gomorre, tes immeubles surgis de nulle part, adieu folie de la ville, voilà le sanctuaire, où le surf y est  notoirement plus agité, la mer est belle, d’ un bleu « hossegorien », les planches et les maillots  multicolores sont de sortie, sur la petite dune derrière la plage on devine les mangroves, les caïmans, les toucans, les tapirs tapis dans les sous-bois ….

La plage est restée aussi belle que dans mes souvenirs, j’y retrouve mon coquillage préféré, un coquillage rond et plat au centre duquel dame nature a dessiné une sorte de fleur, j’adore ce coquillage, il y a dix ans j’en avais ramené quelques uns en France, maintenant que je suis devenu bien malgré moi un adulte je me contente de le photographier et je lui laisse vivre sa vie de coquillage sur les plages du Costa Rica, c’est pas la belle vie çà ? Coquillage au Costa Rica ?

Faudra que j’y réfléchisse pour ma réincarnation, même si mon animal préféré reste le pélican comme celui qui est en train de passer nous mon nez, majestueux, impeccablement placide, un animal qui vol, qui marche, qui semble surfer parfois tellement il frôle les vagues, qui nage sous l’eau et qui bouffe du poisson toute la journée, bon je m’égare faut pas me brancher sur les pélicans, ça me rend anormalement lyrique.


On aimerait bien voir des tortues sur cette longue plage, beaucoup de surfers à l’eau, mais pas une tortue, de qui se moque-t-on ? Arrivés tout au bout de la baie on se rend compte qu’il y a des villas dans le Parc National, en bord de mer, comment cela est-il possible ? Les tortues doivent se balader dans leur jardin, je ne comprends pas comment ce développement effréné peut venir s’immiscer au cœur même de ce qui devrait rester un sanctuaire. Les lois de l’argent, de la politique sans doute.

Le résultat c’est que dans les années 90 on estimait qu’environ 1000 tortus luths fréquentaient la plage, ce chiffre est tombé à 49 lors du dernier recensement en 2004 : 49…

Ainsi les habitudes millénaires de ces tortues sont en train de disparaître et les guides du parc en sont réduits à placer des œufs en couveuse pour les aider à éclore …

Le Costa Rica a pourtant longtemps été exemplaire, 80% du territoire national est protégé, il y a de nombreux Parcs Nationaux, pas d’armée, des jeunes et des vieux qui disent  » pura vida  » toute la journée. Comment peut-on faire construire des villas au coeur de ce site unique au monde ?

Je suis triste.


Sur le chemin du retour la marée a bien descendu et soudain on la voit au loin, à mi-chemin entre la dune et la mer, une tortue ! Je suis trop content, je me précipite, c’est un animal vraiment magnifique, je me rappelle de ce moment magique lors de mon premier voyage au Costa Rica quand en surfant à Playa Avellanas le spot de  » Pequino Hawai » j’avais vu dans la transparence d’une vague une tortue qui semblait jouer avec le courant , comme si elle voulait se caler dans le tube de la vague, j’avais vu subrepticement son ventre rayé et les membrures de ses nageoires, qui formaient des dessins, comme une peinture rupestre, et la vision de cet animal préhistorique jouant dans les vagues ne m’a depuis jamais quitté, climax d’une journée de surf incroyable où je m’étais régalé seul à l’eau pendant des heures. Sur la plage ne m’attendait que la serviette bariolée de mon enfance, une bouteille d’eau et  » Cent ans de solitude » de Garcia Marquez , à l’époque je surfais tous les jours du matin jusque au soir, alternant sieste sur la plage, surf, lecture, sieste, surf, un seul but alors, essayer de prendre des tubes en me jetant sous la lèvre de la vague.

Aujourd’hui je surfe le matin et le soir et entre ces sessions je me ballade main dans la main avec Cool Girl…


Mais je m’éloigne, revenons à notre tortue, échouée sur la plage, nous qui rêvions de voir une tortue, fou de joie en la devinant au loin, on se rapproche, c’est l’heure de la sieste je me dis dans un premier temps, intrigué tout de même qu’une tortue se fasse un petit somme en plein après-midi, sous ce soleil de plomb, elle dort quand même drôlement profondément, et puis soudain je comprends la triste réalité : she is fucking dead !


Normalement les tortues débarquent pendant la nuit sur la plage, elles rejoignent la dune pour pondre dans les fourrés, c’est là qu’elles enterrent leurs œufs et elles repartent vite fait bien fait dans l’océan parce qu’elles n’ont pas que ça à faire. Malheureusement parfois elles peuvent être désorientées par les dérèglements climatiques ou les lumières de la « ville », la nuit, des fameux immeubles de Tamarindo où des maisons de Playa Grande qui n’ont rien à faire là, les flash des touristes aussi parfois même si c’est interdit, et nos tortues sont toutes déstabilisées, elles peuvent se perdre où être suffisamment jet-lagués pour descendre de la dune en plein après-midi et là c’est le drame parce qu’à midi sur la plage à marée basse il fait aussi chaud que dans le désert de Gobie et la tortue meurt d’épuisement en essayant de rejoindre la mer.

Normalement les locaux aident les tortues à redescendre mais s’il n’y a personne …

C’est ce qui s’est passé aujourd’hui, ce que nous confirme un allemand en short et en vélo qui vit dans le coin, il décrète qu’il n’y a plus rien à faire pour elle …

Notre tortue est morte d’avoir voulu donner la vie, on se sent impuissant à côté du corps inanimé de cette merveille, les gens du parc national vont venir la chercher.

On retraverse la rivière un peu perdus, pas de surf ce soir là.

Fucking triste.


Viernes -

Le lendemain matin à 5 h je suis seul à l’eau. C’est brouillon et costaud dans l’estuaire, je pars sur des grosses droites qui ferment assez vite. Sur la plage des californiens promènent leurs chiens en faisant du footing. Je les vois bien parler yoga, bio, community.

Pourquoi je suis seul à l’eau ?

A une cinquantaine de mètres de moi un gros truc sort de temps à autres la tête de l’eau, je n’arrive pas à voir ce que c’est : tortue, crocodile, dauphin, requin ?

Je ne vois rien, dans le doute et en pleine paranoïa je sors de l’eau. Je traine un peu sur la plage, rêveur, je me fais bouffer par les puces de sable, la journée commence mal.

Ballade dans Tamarindo, il pleut des cordes, c’est la saison « verte » comme ils disent aux touristes pour éviter de leur dire plus cruellement « la saison des pluies ».

Normalement au mois d’Aout c’est le « little summer », une parenthèse enchantée au milieu des trombes d’eau mais pas cette année : végétation luxuriante, pâturage verdoyants, iguanes, lézards verts fluo, papillons bleus et jaunes, colibris, pélicans, rapaces, grenouilles et crabes multicolores sont copieusement arrosés par des trombes d’eau …


Sabado, Domingo -

Je ne sais plus trop où j’en étais de mes sessions de surf au Costa rica, une chose était sûre, ça se passait à Tamarindo, le village des « gringos », quelquefois aussi à Playa Avellanas, Playa Negra et Playa Junquillal.



Parfois l’inspiration pouvait s’avérer tout aussi fragile que le surf.

De temps en temps les vagues s’offraient, évidentes. Il avait fait beau pendant plusieurs jours et l’Océan avait repris ses atours d’un bleu profond, les vagues se succédaient, elles s’ouvraient comme un rideau en gauche ou en droite suivant l’humeur du moment.


Et puis des orages énormes s’abattirent à nouveau sur nous pauvres pêcheurs, la pluie ne cessait de dégouliner sur les tôles ondulées du Guanacaste, quelques grandes marées, l’équinoxe peut-être qui sait ?

Les vagues se chargeaient de sable, l’eau marron se déversait sur nos épaules, initiant des trajectoires improbables, des planches se cassaient, des détritus plastiques faisaient leur apparition au milieu des coquillages, la guerre du plastique contre les coquillages continuait inexorablement. Qui l’emporterait ?

La chaleur humide et salée de la saison des pluies faisait régner sa loi sur la Playa Avellanas.

Quelques coquillages suspendus à des fils de pêches ornaient une cabane de fortune qu’une famille de touristes avait patiemment érigé jour après jour, un blondinet trapu comme un crabe, brulé par le soleil et tatoué comme un guerrier aztèque, sa compagne, décolorée par la puissance des éléments, et leurs enfants qui ne quittaient pas leurs planches de surf.


Des vagues marrons déroulaient très approximativement et il fallait du courage ou être en manque pour aller défier « pequino Hawai » à 1 mètre cinquante bien creux, du solide, du costaud, de la barrique on vous dit !


Lunes -

L’avantage de louer une planche dans un village de touristes c’est qu’on peut en changer sans arrêt, je retrouve les joies du shortboard avec une planche Surftech Al Merick 6.6 bleu ciel, quand je pense que je n’avais jamais surfé une surftech, c’est vraiment tout léger et ça me repose les bras après une semaine de longboard bien lourd !

Direction le « Beach Club », jus de papaye, OK Cool Girl tout va bien, je file à l’estuaire, short jaune poussin, planche bleu ciel, je maitrise le canard tout en décontraction genre il ne peut rien m’arriver, une première belle série décale un petit peu avant que j’arrive au peek, marée basse, je me prends toute la série sur le dos dans un mètre d’eau, en fait c’est plus gros que prévu, ça ferme sur tout l’estuaire… Rien qu’un mauvais moment à passer tout va bien, je suis au peek, il pleut un peu, c’est chaud, les meufs qui surfent sont stringuées comme jamais, l’Amérique centrale …

Les vagues ferment pour la plupart mais il y a de la taille et c’est cool de partir au take-off avec la 6.6, histoire de retrouver les sensations et le feeling de la shortboard.

Je reste l’après-midi jusqu’au coucher de soleil à dériver, au gré de mes envies, le plaisir de surfer en short, le plaisir des couleurs dans le ciel au moment du coucher de soleil, que du bonheur. Je vois Cool Girl sur la plage qui me mitraille, bon y faut que j’assure je pars late take-off sur une vague plus grosse que les autres et qui en plus ferme, je suis même obligé bien involontairement de taxer un gars sur une  « vraie » droite qui malgré tout ferme très vite, je présente mes excuses auprès du mec, tout va bien, tout le monde est cool, je ne recommencerai pas, ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse comme disait ma grand-mère celle qui faisait du vélo.

Sur la plage toujours beaucoup de surfers, des jeunes, des vieux, des filles, des mecs, des baby… c’est la cool life !


Martes -

Escapade romantique n°1 à Rincon de la Vieja, bains de boue, sources d’eau chaude, eau fraîche, ballades à cheval dans la montagne, des milliers de papillons, ballades en forêt, spider monkeys, figuiers étrangleurs, toucans, le célèbre papillon bleu électrique et noir nous souhaitent la bienvenue un peu comme dans un film de Walt Disney mais c’est pas celui de la photo, il est trop dur à photographier. Sorry for this fox !


Miercoles -

Visite guidée dans le parc national de Las Baulas, je savais que les crocodiles de l’estuaire n’avaient jamais attaqués d’humains depuis de nombreuses années, il y a très exactement 70 caïmans qui se baladent dans le coin, tranquilles, pas énervés. Ils mangent pas mal de trucs, batraciens, oiseaux, singes, suis-je en danger quand je traverse la rivière avec ma planche de surf ? Non mais malgré tout faut pas trainer …


On pénètre en barque dans la mangrove, c’est la saison des amours, il y a des bébés crabes et des bébés crocodiles dans tous les coins, des baby singes hurleurs dans les frondaisons, nous apprenons que la mangrove est en fait une gigantesque maternité, c’est bien simple tout le monde vient dans le coin pour se reproduire, en bord de plage les tortues Luth, et ici crocodiles, batraciens, birds, crabes multicolores …

Alors d’un point de vue plus technique il faut comprendre que les racines des mangroves filtrent l’eau de mer, le sel sort par les feuilles, et c’est de l’eau douce qui se déverse dans la forêt, magique nature, ingéniosité de la création, je suis ravi d’apprendre tout çà, protégeons les mangroves ! Save life !

C’est trop vous demander ? Save and protect life putain !


Jueves -

Face à l’hôtel Diria à Tamarindo, il y a un rocher qui coupe la houle en deux, ça donne une droite et une gauche qui fonctionnent différemment suivant la marée.

Je choisis d’aller défier la droite pendant le coucher de soleil. Pas de vent, mer glassy, lac, miroir, la houle rentre régulièrement, peut-être un mètre trente sur les vagues les plus grosses de la série. C’est parfait et puissant, le take-off part tout seul, catapulté dans une section de la vague qui pourrait tuber mais ce soir ça tube pas, too bad !

On est trois au peek dont un débutant, autant dire que c’est de la régalade, on prend tous une vague par série, l’eau est si chaude je me croirais dans un bain, le coucher de soleil éclatant, magique avec les bruits de la jungle qui commence à s’élever du fin fond de l’estuaire accompagnant le crépuscule, les ombres des arbres, la mangrove, toute cette bande verte très épaisse qui vient compléter cette petite touche au fin fond de la plage, c’est magnifique, on est dans le green !

Saison des pluies, saison des amours, des naissances, végétation luxuriante, inextricable, je revois les bébés caïmans et les baby crabes dans la matrice nourricière de la mangrove, le cœur de la vie …


Viernes -

Escapade romantique n°2 : Nicaragua

Après avoir passé la frontière du Nicaragua, des éoliennes sur des kilomètres et des kilomètres, énergie renouvelable super ! C’est très moche aussi, on s’en sortira jamais.

Face à un lac au Nicaragua, un sentiment de plénitude nous envahit, le reflet des nuages sur cette étendue bleutée, le calme infini, les écoliers qui visitent l’endroit, ma parole on m’avait bien dit que Dieu existe !


Au retour à la frontière, des jeunes mecs d’Oxford traversent le continent américain de part en part avec un bolide fonctionnant uniquement avec des énergies renouvelables (www.racinggreenendurance.com), à leurs côté pieds nus des gamins tendent le bras pour récupérer quelques piécettes.


Sabado, ultima dia -

C’est mon dernier jour de surf au Costa Rica, il est 6 heures du mat je marche le long de la plage de Tamarindo pour rejoindre la Playa Grande, la fameuse plage des tortues, j’ai à nouveau changé de planche, une « Weber » 6’8 , quand j’étais ado j’ai toujours rêvé d’avoir une belle board comme çà, j’adorais son logo, le W un peu stylisé, la pureté des lignes, la solidité du pain de mousse, je suis en transe et je me sens invincible en marchant le long de l’estuaire, prêt à traverser la rivière le leash entre les dents.

Je poursuis mon chemin, il y a une bonne marche pour arriver à la rivière et soudain je ressens un gros choc dans les mollets.

Un énorme Pit-bull avec un gros collier vert s’est pris les pattes dans mon leash, je dois dire que je flippe un bon coup n’étant pas familier de ce genre d’animal mais il s’avère en fait plutôt sympa et j’ai l’impression qu’il veut jouer avec moi plutôt que de me croquer les mollets, bon tant mieux parce qu’il n’ y a personne sur la plage et j’ai pas vraiment l’intention de me faire bouffer tout cru le dernier jour, déjà que je dois traverser cette fichue rivière à crocodiles pour aller surfer à Playa Grande .


A chaque fois que je la traverse je ne peux pas m’empêcher de penser aux 70 caïmans qui vivent dans l’estuaire, certes quand tu fais la ballade dans la mangrove avec les guides on t’explique qu’ils sont trop petits pour attaquer les humains et c’est pourquoi il n’ y a jamais eu d’attaques répertoriées dans l’estuaire, mais quoiqu’il arrive quand je rame au milieu de la rivière j’ai plutôt tendance à ne pas laisser trainer mes doigts de pieds dans l’eau et à battre des records de vitesse de rame…

Perdu dans ces sombres pensées je me jette à l’eau non sans avoir examiné attentivement les berges opposées, rien qui ressemble à un croco ?


C’est parti je commence la « périlleuse » traversée, je rame le plus vite possible mais j’ai l’impression que c’est plus long que d’habitude, je comprends rapidement que je me suis mis à l’eau plus au niveau de l’estuaire que de la rivière et du coup je suis pris dans le courant qui t’amène au large, je dois donc ramer assez fort pour atteindre la rive opposée et j’arrive de l’autre côté de la rivière complètement essoufflé. Le courant est aussi fort qu’une baïne et je me dis que sans la planche je n’y serais pas arrivé.

Je souffle un bon coup. Pas un chat à Playa Grande, je me retourne pour checker l’estuaire et là qu’est-ce que je vois en plein milieu de l’estuaire le gros Pit-bull au collier vert en plein milieu du courant… J’étais tellement concentré sur ma traversée et mon angoisse du crocodile aux dents longues que je n’ai pas vu que le Pit-bull m’a suivi et a dû se jeter à l’eau au même endroit que moi. Sauf que lui a pas de planche et a bien dérivé avec le courant, il est en plein milieu de l’estuaire ce con !

Il  essaye de nager à contre-courant avec ses pattes puissantes,  je me rend compte qu’il s’éloigne de plus en plus et sans aucun doute il va finir au large derrière l’estuaire, sauf qu’avant il va s’épuiser à vouloir nager à contre-courant et qu’une fois arrivé dans les vagues tout ça va mal finir pour lui car il n’ y a personne pour aller l’aider, à part moi …

Il a pas de maître ce putain de chien ? C’est quoi ces Pit-bulls indépendants qui se baladent sans leur maître ? J’hésite, je regarde autour de moi, je pense à ces fichus crocodiles qui ont dû sortir des nappes à carreaux et doivent être en train d’aiguiser fourchette et couteaux, hum ça fait longtemps qu’on pas mangé du chien, et un surfer ?

Je me jette à l’eau avec ma planche au cas où je n’aurai plus pied, le courant m’amène très rapidement à hauteur du chien, dans ma tête je me dis  » le gentil chien chien à sa mémère », tu parles j’ai jamais vu un mastodonte pareil, j’ai pas vraiment l’habitude des Pit-bulls, il a l’air ravi de me voir venir à la rescousse, non me sourit pas c’est pas la peine, il a une de ces mâchoires !

J’empoigne fermement le gros collier vert de la main gauche, de la main droite je tiens ma planche, heureusement j’ai pied, je me voyais déjà devoir attacher le collier au leash et devoir ramer comme un malade, on a encore une centaine de mètres à faire pour rejoindre le bord et je galère pour marcher à contre-courant. Ce chien a une puissance de pattes impressionnante pour nager mais à contre-courant c’est comme s’il pédalait dans le vide, je me fais des films de ouf, je me dis si jamais un croco se pointe est-ce que le Pit-bull pourra me défendre ? ça doit être toi le roi de la baston à Tamarindo ? il a une mâchoire de cinglé.  Je sifflote l’air de rien pour nous donner du courage au chien et à moi, quand soudain surgit de nulle part un putain d’énorme crocodile !!!!!


Nan je déconne tout s’est bien passé, mon Pit-Bull et moi on a pas vu un seul de ces satanés caïmans et on est enfin arrivé sur la plage .

Ce chien magnifique et puissant m’a fait une fête de première catégorie, on s’est fait un énorme câlin, c’était trop cool de faire un hug à un Pit-bull à six heures du matin sur une plage déserte, une sacrée expérience guys !

Sur Playa Grande évidemment le chien me suit jusqu’au spot de surf et cherche à se mettre à l’eau juste derrière moi, cette fois-ci je le vois venir et je lui demande dans un espagnol approximatif de rester sur la plage, faut savoir apprendre de tes erreurs mon pote !

Je pars surfer, le chien est assis sagement sur la plage et semble m’attendre, hum comment je vais faire pour te ramener dans mes bagages ?

Au bout de quelques minutes je le vois courser quelques aigrelettes et repartir vers de nouvelles aventures…


J’adore cette plage de Playa Grande, tu marches un peu sur la vase en sortant de la rivière puis progressivement le sable sous tes pieds se durcit et tu te retrouves sur la plage à marée basse avec des milliers de coquillages, des « cônes torsadés », je ne sais pas comment les appeler, et surtout les fameux coquillages rond et plats avec le motif floral en son centre, on en trouve souvent au bord de l’Océan pacifique , je ne connais pas son nom à celui-là non plus mais pour moi c’est le top, un peu mon graal, mon orchidée mystérieuse et sauvage pour laquelle je pourrais parcourir des milliers de kilomètres …


Bon c’est pas tout ça mais au surf, ça pète gentiment ce matin, un gros mètre, parfois un mètre vingt. Il y a du vent mais la vague est correcte, je déroule, heureux d’être là sous le soleil de l’Amérique Centrale sur cette plage encore assez sauvage même si évidemment les promoteurs sont aux aguets.

C’est avant tout la plage de la tortue Luth («Las Baulas») et j’ai une pensée émue pour la tortue retrouvée morte sur la plage quelques jours plus tôt.

Peut-être qu’elle a eu le temps de pondre et que ses baby tortues ont pu rejoindre l’Océan ? Je me raccroche à cet espoir.

Je surfe là pendant deux heures, j’aime bien cet endroit ça me rappelle trop les beach breaks d’Hossegor au mois d’Aout, chaleur de l’eau, couleur de l’Océan, mais avec moins de monde, surtout pendant la « green season » …

La marée désormais bien basse, je rentre à Tamarindo.


Le soir venu pour ma dernière sunset session du séjour je change à nouveau de board, je récupère un longboard incroyablement beau, un 9.6 de Donald Takayama

d’un bleu profond à tomber, je file à l’eau fier comme un paon, la droite et la gauche devant l’hotel Diria fonctionnent à fond, c’est plein haut, c’est samedi et tous les locaux du coin sont de sortie, ça bataille pour prendre des vagues dans une joyeuse pagaille très reggae . C’est les caraïbes ici ou quoi les gars ? J’aime cette effervescence sur un spot, ceux qui bataillent, ceux qui assurent, les jeunes insouciants et les vieux sages …

En tant que représentant international de la dernière catégorie je vais surfer un peu plus loin une petite droite qui déroule correctement pas loin du Beach Club où m’attend ma dulcinée, un  » sex on the beach » dans chaque main, et ouais c’est déjà l’happy hour …


Pendant ce temps là le soleil se couche magistralement et le ciel nous délivre les couleurs incroyables auxquelles nous sommes aujourd’hui tellement habituées, des peintures de Monet comme dirait Jim, le libraire, parti de San Francisco avec ses bouquins sous le bras depuis sept ans maintenant, lui qui rêvait tant de s’installer à Tamarindo, un jour il l’a fait  en se disant : « stop talking and just do it « .

A ce propos avec Cool Girl on attend notre premier enfant, ça vous donne une idée de ce qu’on peut faire entre deux sessions de surf dans ce merveilleux bon vieux village de Tamarindo.

Terry Kingtown – january 2011 -


LE BON GROS SUD

By Paquito Micorazon


Quatre mois !

Cela fait quatre mois que la France se gèle, que les épisodes neigeux succèdent aux pluies verglaçantes et que le bon peuple en appelle au Global Warming pour que cela cesse enfin.

Nous autres Frères de la côte[1] assistons impuissants au refroidissement quotidien de la température de l’eau en se demandant jusqu’où cela va bien pouvoir descendre et en chéckant les prévisions à dix jours sans voir poindre l’ombre d’un poil de dépression qui viendrait nous donner l’espoir de tremper les ailerons.

Et puis un jour, les modèles météos se mettent à converger et commencent à annoncer un changement, une baisse des pressions, un léger flux de sud qui tend à s’intensifier.

On n’ose y croire et pourtant, sur les forums, les discussions s’animent, on commence à tirer des plans sur la comète. Certes on est en janvier, mais une petite dèp qui passe par là est toujours bonne à prendre !

Et puis un bon matin, il est là : ce bon vieux Sud. Même à Paris on peut le sentir. A peine mis le nez dehors, on le sent, il vous enveloppe, l’air est devenu tout d’un coup plus lourd, il ferait plus que les 13°actuels, on pourrait appeler ça de la moiteur.

Le vent du sud est de retour, c’est un peu le vent de la maison. Je me plais à imaginer qu’avant de parvenir jusqu’à moi, il a parcouru les Landes, puis longé la côte pour se charger d’iode et venir me dire « Viens ! Il est l’heure, lâche tes affaires, charge la voiture, je t’attends et avec moi les trains de houles qui ont parcouru l’Atlantique pour toi et qui vont s’écraser sur tes plages préférées« .

En quelques pas, même sans ouvrir les yeux, je sais ce que cela signifie, je le sens, c’est épidermique, je pense à ces matins de tempête sur la bassin d’Arcachon quand j’étais ados, le vent soufflant dans les pins qui m’empêchait déjà à l’époque de dormir, le grondement de la houle se fracassant en barres dans les passes qu’on entendait des dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres, et puis ces couleurs, les pins qui deviennent gris alors que le vent les tord autour de leur axe, l’odeur de la résine dégagée par l’arrachage des petits branchages n’ayant pu résister aux assauts des rafales, autant de petits signes qui m’appellent.



Plus au sud, il y a un vent qu’on appelle Mistral, « le Maître », mais pour nous, tous les vents devraient s’appeler ainsi, ils nous appellent et nous accourrons.


Ce matin de janvier, alors qu’une fin de semaine chargée se profile, tout ce que j’ai envie de dire, de faire, c’est annuler tous mes rendez-vous, et d’hurler « Mais laissez-moi !!! Mon Maître m’appelle !« 

J’ai déjà mécaniquement sauté dans mon bus quand je suis tiré de mes pensées par les vibrations de mon téléphone. Il n’est pas 9 heures que les premiers sms tombent. Je ne suis pas seul, la petite communauté de planchous que nous formons est en état d’alerte, c’est notre « Rencontre du troisième type » à nous, comme si à ce moment précis, tous, où que nous soyons, avions reçu le même signal, les mêmes stimuli : nous devons y aller !

Il nous faut moins d’une demie journée pour transformer nos urgences en questions secondaires, organiser la répartition du matos dans les camions et booker  notre gîte préféré le Valciot : un ancien manoir calé sur la colline qui domine le spot de Siouville : le Hookipa du Nord, haut lieu emblématique parmi la ribambelle de spots que compte la presqu’île du Cotentin et ses dizaines et des dizaines de kilomètres de plages protégées par des dunes et exposées aux tempêtes de la Manche. L’étendue de cette zone encore sauvage, la multiplicité de ses peaks et les risques (surtout matériels) encourus lors des grosses sessions offrent la meilleure des garanties contre la surpopulation. C’est immense, mais c’est intime à la fois car devant la brutalité des conditions, un seul mot d’ordre : restons groupés !


Quelques heures d’Internet et de téléphone plus tard, le convoi est en route. Tout peut arriver à ce moment-là, rien n’a d’importance, ON PART LES MECS, ON SE CASSE !!! Vous savez ce que ça veut dire ? C’est la quille, la perm, les grandes vacances, tout à la fois. Quelqu’un a trouvé la touche reset de mon cerveau et a remis les compteurs à zéro pour qu’il soit prêt à stocker les plus incroyables souvenirs.

C’est une constante chez moi, je crois que je ne suis jamais plus heureux que quand je mets la clef dans le contact, la voiture chargée comme un romano ou quand résonne la voix du contrôleur « bienvenue dans le train à destination de … ce train desservira les gares de…« . Je suis jamais rentré dans des trips où je me croyais invincible, mais dans ces moments-là je ne vois sincèrement pas ce qu’il pourrait m’arriver. Voilà, ma dope c’est ça : la clef de contact, le « souhaitez-vous confirmer votre réservation » sur une page HTML. La vie n’est qu’une succession de week-ends et de moments cools entrecoupés de jours sans importance qu’on finit par apprendre à gérer.

Plus on s’approche, plus la pluie s’intensifie et avec elle le vent et les ombres folles des arbres sous les lampadaires, et toujours cette sensation de quasi moiteur à la descente de la voiture, si caractéristique des flux de sud. On ne voit rien, et pourtant nous le savons, la houle est à l’heure elle aussi, on entend les vagues se briser 500 m en contrebas, le plus dur maintenant sera de trouver le sommeil.

Du fond de mon lit, je bous intérieurement. C’est toujours pareil les veilles de grosses sessions : impossible de dormir (d’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes nous sommes la veille d’une de ces sessions). Le temps n’existe plus, je suis redevenu le petit garçon qui s’apprête à affronter sa première tempête. La configuration des lieux s’y prête, chambrées de quatre ou six, lits superposés, bazar intégral en 3 min chrono, l’ambiance tient plus de l’auberge de jeunesse que du Relais & Châteaux. Que vous ayez 14 ans ou la trentaine bien tassée, y a pas photos, calez dix mecs ensemble dans une piaule et au petit matin vous en trouverez toujours un ou deux qui se seront gourés et auront enfilé le calebute des autres.

C’est donc après une nuit trop courte que nous débarquons de bon matin sur le spot.


© TEAM BAMBINI


L’intérêt de dormir sur place est certes d’arriver parmi les premiers, mais la contrepartie, comme ce matin-là, c’est que du coup, personne n’est à l’eau pour servir de cobaye et que le moins que l’on puisse dire, est que la partie semble mal engagée. Les vagues sont massives, les bancs du large semblent saturer, ça pète de partout, le chanel n’a pas l’air de fonctionner et pourtant, il va bien falloir se lancer.



C’est dans ces moments que le Windsurf prend une dimension mystique, et sans vouloir tomber dans caricature du genre   »ouais, moi et la nature ne faisons qu’un et d’ailleurs ma mère c’est Chita…« , cette session m’a profondément marqué.

Oui c’était hardcore, oui l’eau était gelée et oui, dix secondes avant de franchir la barre, on ne voyait pas l’ombre d’un passage entre les mammouths de sets qui déferlaient, et pourtant…

….et pourtant ce jour-là, comme par magie, le passage s’est ouvert presque à chaque tentative, comme si les vagues me disaient, allez petit, vient me voir, on a envie de te voir caracoler encore une fois avant de mourir de notre belle mort dans quelques heures.


© TEAM BAMBINI


Derrière la barre, c’est une autre monde : fini le fracas des rouleaux et le blanc éblouissant de la zone d’impact, seul demeure le sifflement de la tempête et l’énormité de la houle. Les têtes de nos mats disparaissent alors pour ne réapparaitre que sporadiquement, mais pourtant, Dieu qu’on est bien ! La houle est protectrice, elle est régulière et ne prend jamais en traitre, elle donne l’impression de pouvoir s’y blottir quand on se cale en son creux. En bas  tout est calme, la pression dans la voile en vient même à disparaitre, alors qu’à chaque remontée, c’est le chaos. Alors oui, ces instants sont fugaces, mais plus la houle est énorme, plus ils durent.


© TEAM BAMBINI


Vient alors le moment du retour, le moment du choix du train qui va nous ramener à quai. Le voilà justement qui déboule. Au début, ce n’est qu’une masse lointaine, puis, au fur et à mesure de son approche, la série de dessine, 3, 4 ou 6 ondes selon les cas, reste alors à faire demi-tour et se caler sur l’une d’elles.



Quel pied de la sentir enfler sous ses straps ! Nombreux sont ceux qui décrivent cela comme une folle cavalcade. Tout commence au pas, par une légère déformation de la surface de l’eau, la bête sommeille encore dans les profondeurs, puis elle enfle, le trot est alors engagé, le jeu est de la suivre, de rester dessus, sans se laisser dépasser ni se retrouver trop en avance, puis vient enfin la chevauchée finale, la houle devient une vague, la respiration s’arrête et c’est le drop final, la descente ultime. Même si on ne la suit que depuis quelques secondes, une minute tout au plus, cette vague c’est la nôtre, on a l’impression qu’on l’a choisie, élevée, choyée pour ce moment-là.


© TEAM BAMBINI


La descente semble sans fin et l’accélération sans limite, la face de la bête est lisse, abrupte, elle pourrait engloutir gréement et bonhomme en une fraction de seconde, oui mais voilà, ce jour-là c’est open bar, et au lieu d’être puni pour tant d’insolence, c’est la grande porte et les flonflons qui vont avec qui me sont offerts, une sortie par les airs à la Polakow et à plusieurs reprises s’il vous plait.

Je ne suis pas le seul à être à la fête, la petite dizaine à l’eau ce jour-là vivra sa plus belle session de l’année. J’ai autant d’images de moi que des autres en tête. Vidéos, photos, reports sur les différents forums et médias sociaux prolongeront le plaisir, mais alors que j’enlève ma combine par cette fin d’après-midi de janvier 2011 sans même ressentir alors le moindre frisson, j’adresse mentalement un clin d’œil de remerciement à mon super pote : le bon vieux Sud !

Paquito Micorazon

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[1] © Terry Kingtown

Paquito Micorazon, est  Juge de vagues sur le championnat de France de Funboard (http://www.aff.net) et juge de Freestyle sur le Tour européen (http://www.efpt.net), quand il n’est pas sur l’eau ou sur une compète, il est avocat d’affaires à Paris (http://www.arguin-avocats.com).


ADRIEN BOEDEC est un jeune breton qui a eu 15 ans en janvier 2011, il surfe à la Torche en Bretagne Sud (29) et son palmarès est déjà bien rempli.

Lorsqu’il nous a sollicité pour rejoindre l’équipe de Parlementia nous n’avons pas hésité une seule seconde : un beau gosse comme ça, avec un talent et une élégance pareils on ne pouvait pas le laisser filer et surtout pas sans lui poser quelques questions…

© Laurent Tosetti

Depuis combien de temps  surfes-tu  ? C’était quoi ta première board ?

Ça fait environ 7 ans que je surfe, j’ai eu ma première vraie board à 7 ans, elle était vieille, c’était une ancienne board de pro qu’on m’avait offerte, mais j’ignore quel pro…

C’est ton père qui t’a initié ?

Oui, il surfe depuis 27 ans, parfois il m’emmenait surfer dans le gros c’est ça qui m’a donné le goût du surf.

Tu es goofy ou normal foot ?

J’suis goofy.

© Laurent Tosetti

Y-a-t-il beaucoup de gauches à la Torche  ?

Ca va, ça varie  il y a beaucoup de types de vagues avec beaucoup de beach break c’est assez mou, ce n’est pas top tous les jours. A la Torche, qui est à six kilomètres de chez moi, il y a une grande plage avec plein de beach break mais il y a surtout une pointe avec une grande gauche qui défile le long. Sinon je vais sur une petite droite au nord assez creuse. Mais globalement je surfe un peu partout. Il y a souvent du monde à l’eau ce n’est pas l’idéal, mais bon c’est comme partout.

T’as quoi dans ton quiver ?

J’ai une 5.6 Quatro pour les petites vagues, j’ai une 5.10 pour les vagues assez creuses, j’ai une 5.9 pour les vagues un peu molles de tous les jours, et sinon je viens d’en commander une qui va arriver dans pas longtemps c’est une autre 5.10 que je fais shaper par Juanito à Juanito surfboard (www.juanitosurfboard.com). Il me connait bien, et il connait mon père depuis longtemps.

En revanche ce qui est nouveau c’est que j’ai plusieurs combi maintenant ce qui me permet de surfer le matin et d’y retourner l’après midi sans être obligé de remettre une combi mouillée.

J’ai une 3.2 pour l’été, une 4.3 pour la mi saison et une nouvelle 5.4.3 parce que ça commence à cailler.

© Laurent Tosetti

Tu surfes toute l’année même en hiver ?

Oui ça va c’est pas trop dur…

Je mets cagoule, gants et chaussons l’hiver. J’ai le souvenir d’une fois ou nous sommes partis surfer à Penhors un peu plus haut que la Torche, il y avait de belles vagues et sur le parking on faisait des glissades sur les plaques de verglas avant d’aller surfer… la température de l’eau ce jour là, c’était entre 5 et 7 degrés.

Ta mère ne s’inquiète pas de te voir partir tout seul dans le froid glacial, tu n’es qu’en troisième tout de même (rire…) ?

Nan tu penses elle est habituée, d’autant que cette année je suis au CLE (Centre labellisé d’Entraînement) pour accéder au pôle espoir… au pire je prendrai l’option surf en seconde.

J’espère que ça m’amènera à faire de bons résultats régionaux, et pourquoi pas nationaux.

© Laurent Tosetti

A ce propos c’est quoi tes résultats pour l’instant ?

J’ai fait deuxième au championnat du Finistère, j’ai fait troisième au championnat de Bretagne, j’ai terminé premier à un critérium de Bretagne où j’ai donc gagné pas mal de points, j’ai fait troisième au « Mullet fish » la compet’ Volcom derrière deux gars qui avaient un an de plus que moi, un anglais et un mec du sud ouest. Du coup je vais aux finales européennes en avril prochain dans le Sud Ouest, ce sera à Biarritz je crois. Ce weekend j’ai une préparation de 3 jours intensifs  pour préparer les championnats de France à la Toussaint.

Toute l’humilité d’un champion

Tu es au club de la Torche ?

Oui je suis au Kangourou surf club de la Torche http://kangourousurfclub.free.fr/

Y-a-t-il de bons surfeurs à la Torche, des gars qui t’impressionnent ?

Oui, il y a Thomas Joncour, Florian Talouarne qui est mon entraineur et bien sûr il y a Ronan Chatain qui a gagné 3 coupes de France de longboard et qui fait du tow-in pas loin de chez moi sur un plateau de cailloux qui s’appelle « les Etocs »…  ça grossit fort lorsqu’il y a de la grosse houle, c’est assez dangereux. Un pote de mon père qui est une grosse masse a accompagné Ronan dans un de ses run là-bas et malgré le fait qu’il soit balaise il s’est bien fait secouer du coup ça m’a bien calmé pour les jours où c’est trop gros.

Tout de même ces derniers jours j’ai été dans 2 ou 3 mètres mais pas encore prêt pour suivre les traces de Ronan …

(Ndlr : Ronan Chatain est  le surfeur emblématique de la Bretagne depuis quelques années il pratique le longboard, le free surfing le tow-in)

© Laurent Tosetti

T’as déjà fait des surf-trip à l’étranger ?

Je suis allé une semaine aux Canaries, à Ténérife à Las Americas sur une gauche de reef. Comme j’étais petit les locaux m’ont laissé prendre des vagues et en plus je me suis fait pote avec leurs fils avec qui j’ai bien déconné et bien surfé.

C’est cool t’es un malin !

© Laurent Tosetti

C’est mon meilleur souvenir de surf, j’ouvrais les volets et  je voyais le spot, je traversais tout l’hôtel avec ma planche, je passais la rue et j’étais direct sur la vague. Je me levais tôt avant que le vent ne se lève; sinon je surfais le soir. C’est là-bas que j’ai pris mes premiers vrais petits tubes.

Raconte-nous ta vision dans le tube alors ?

Ben déjà tu pars et immédiatement ça t’enferme et tu ne vois plus qu’un petit trou et quand tu en sors t’es tout content ! Les premières fois je n’arrivais pas à garder les yeux ouverts mais maintenant ça va tout seul ! Le problème c’est qu’à la Torche il n’y a pas beaucoup de tubes…

C’est qui le surfeur pro que tu apprécies en ce moment ?

J’ai vachement bien aimé Mick Fanning au Billabong de Teahupoo… mais je n’ai pas trop suivi Hossegor et Peniche.

Tu fais quoi comme sport sinon ?

Je fais beaucoup de BMX j’ai un Wethepoeple que j’ai acheté à un gars qui a arrêté d’en faire et comme c’était le pote d’un pote je l’ai touché à 400 euros au lieu de 1100 euros.

C’est bien t’es vraiment très malin !!!

© Laurent Tosetti

En fait t’habites ou ?

J’habite à 6 km de l’océan dans une petite ville qui s’appelle Plonéour-Lanvern dans la Bretagne sud, il pleut souvent (rires…)

Manges-tu du kouign-amann (prononciation : kwinja’mɑ̃n) ?

Bien sùr mais je préfère les crêpes bretonnes au sucre.

Vas-tu au Fest-noz ?

Non ! C’est un peu pour les vieux…

© Laurent Tosetti

Regardes-tu TV Breizh ?

Non jamais ! Je suis plus sur internet.

Trouves-tu qu’Asterix et Obelix sont de bons bretons ?

Ah oui !

T’es plus cidre doux ou cidre brut ?

Ben je ne vois pas trop la différence, à la compet’ Volcom j’ai gagné une bouteille de cidre que j’ai bue sans savoir si c’était du brut ou du doux…

© Laurent Tosetti

Te sens-tu déjà concerné par les questions d’environnent ?

Oui, on donne de l’argent à la Surf rider Foundation et tous les ans on participe à un nettoyage de la plage. Nous ici nous sommes encore à peu près épargnés par la pollution, l’état des eaux semble bon, nous n’avons pas encore les problèmes d’algues vertes.

T’écoutes quoi comme musique quand tu vas rider ?

J’écoute beaucoup d’électro et de reggae…

© Laurent Tosetti

Sinon t’es amoureux ?

Nan

De ta planche ?

Ouais voilà !

© Parlementia

C’est quoi le vêtement que tu préfères dans l’attirail de Parlementia ?

Je mets pratiquement tous les jours la veste « all seasons » bleu avec les logos séparés en deux sur la poitrine, elle est top !

Merci Adrien c’était une super petite discussion, passe le bonjour à tout ton crew nous sommes très fiers de faire un bout de chemin avec toi !

© Laurent Tosetti

Toutes les photos de cette interview viennent de Laurent Tosetti un super photographe amateur spécialisé dans la photo de sport (Handball, Equitation, football, BMX (race et dirt), Motocross, vélo, triathlon, rugby…). Quand il accompagne ses deux kids au surf, Benjamin (16 ans, niveau intermédiaire depuis 3 ans) et Hugo (8 ans débutant depuis   1 an ½), il tue le temps en shootant les gars à l’eau.

Merci beaucoup ! Bon surf à tous !

Fin juin 2009, je suis au cœur du village de Guéthary en pays basque chez un ami. Il pleut.

Je surfe matin, midi, et soir.

Cénitz et sa belle gauche, et parfois aussi sa droite qui déroule devant les rochers et surtout Parlementia… la belle vague du pays basque que j’ai surfé sur le tard, en long-board , tout en discrétion et timidité, voire la peur au ventre.

©GYPS

J’imagine derrière les hortensias bleus et les vieilles pierres du pays basque, un écrivain rêveur aux cheveux longs, un verre de vin rouge à la main, dubitatif face à la mer et à son destin.

C’est le pays basque, il pleut, il y a du vent, je fonce à l’eau, ma planche était en train de s’ennuyer au fond de la cave de mes amis, un beau long-board bleu ciel de 9 pieds qui ne demande qu’à perdre un peu de sa wax : nous filons sur le spot de Parlementia, quelques mois que je ne l’avais pas surfé cette jolie planche, elle va vite, elle va bien.

Comment tu vas ma planche j’aurais pu lui demandé en la revoyant, on ne dit jamais assez aux planches qu’on aime qu’on les aime je me dis en ramant vers le peek de Parlementia toujours aussi lointain, c’est juste pas possible un spot aussi loin du bord, surtout si tu passes par le port, histoire justement de te rafraîchir les idées et de ramer un bon coup.

port Guéthary hommage Miki Dora ©GYPS

La pluie, l’eau encore chaude de ce début d’été, l’écume un peu brouillonne, tout ça te réveillerait un mort, ça me réveille, c’est trop bon, l’effort jusqu’au bout de mes petits bras pour détendre mes vieux muscles rouillés.

©GYPS

La vie de village, à l’eau tous les matins à l’aube, les courbes sensuelles des filles du coin, les sourires, les hochements de tête quand les locaux te saluent, la belle vie…

Dès le premier matin je suis donc allé surfer Parlementia, j’étais en train de ramer et j’ai perdu le fil, çà m’arrive souvent là-bas, entre les sessions de surf qui durent trois heures et les abus de Patxaran, l’eau de feu locale, je perd tout sens commun,  Parlementia c’est un beau spot avec beaucoup d’histoire et tu  ne fais pas le malin quand tu y vas je me disais justement il y a des  mecs qui risquent leur vie en allant surfer des vagues énormes là-bas, genre Avalanche .

©GYPS

Si vraiment tu connais rien au surf c’est un peu comme la dernière vague de Patrick Swayze dans Point Break . La scène n’a pas été tournée en Australie à Margaret River mais à Waimea à Hawai, c’est il me semble Daerick Doerner, un life guard hawaien qui a failli se tuer et s’est cassé toutes les côtes en faisant la cascade pour ces cons de producteurs hollywoodien qui  lui ont quasiment rien payé pour sa prestation, à se demander  pour qui ils se prennent ces idiots de Hollywood, bref tout ça pour dire que la vague de Parlementia elle vibre dans l’âme et le corps de tous ces mecs qui prennent des gros risques en allant la surfer quand c’est énorme.

Je me prend une première grosse vague dans la gueule, j’étais perdu dans mes pensées et le spot me le rend bien,  il faut ramer tellement longtemps avant d’arriver au peek  que je pense à n’importe quoi, je divague et la vague arrive et me rappelle à l’ordre.

Une fois arrivé au peek il faut en effet faire gaffe à pas se laisser décaler.

Ce matin là dans le vent et dans la pluie les lignes de houle étaient plus que brouillonnes, ça arrivait sur toi n’importe comment, des paquets d’eau et des paquets d’eau, mais le feeling dès qu’une vague potable se pointe reste toujours le même, magique…

Une voie s’ouvre à toi, c’est un chemin qui se présente, sous tes yeux, il faut se lever rapidement, partir tout de suite dans la paroi de la vague, ou aller droit devant, exécuter ton bottom-turn et te recaler dans la pente de la vague.

C’est l’énergie que tu dépenses qui te stimule, tu donnes, tu prends, tu peux te vider très rapidement de ton énergie, nerveusement, tes bras peuvent être vite lourds, tu dois te reposer à chaque fois que tu remontes au peek. Entre deux rides il faut souvent souffler pour profiter au maximum de la vague suivante : regarder autour de soi où les vagues déroulent, se repositionner, et tout donner quand le set arrive et que tu choisis ta vague.

Une fois que tu t’es décidé à partir, il ne faut plus se retourner, ce serait une mauvaise idée, certaines visions sont parfois dangereuses, donc tu rames fort en direction de la plage et tu te lèves dès que tu sens que tu es pris dans la vitesse de la vague, tu te lèves le plus tôt possible, c’est le secret, plus tu seras debout vite ( un peu comme le Che, hasta siempre ! Je préfère mourir debout ! ), plus tu pourras anticiper sur la vague, c’est le côté un peu sportif du surf, ce qui n’est pas très important en soi, car ce qui t’arraches dans le surf c’est ton rapport privilégié à la nature et aux autres, la nature est toujours face à toi, elle t’arrive droit dessus, difficile de tricher avec elle, quand tu surfes tu as intérêt à savoir jouer , être patient, respectueux, humble, retenir son souffle peut s’avérer utile, pris sous une vague, deux vagues, puis trois, les secondes passent, une éternité …

©GYPS

La vision des côtes quand tu surfes, toujours unique, un rayon de soleil, une colline, une maison qui t’observe, une maison basque …

Et tu imagines la vie  que tu pourrais avoir dans une maison basque à Guéthary : le feu dans la cheminée, le tonnerre sur les vitres, l’Océan déchaîné, la solitude, le moment où tu te décides à fermer les volets.

Puis le calme, la lumière au petit matin, quand la tempête a lâché l’affaire et que tu te retrouves seul à arpenter les allées gravillonnées, seul au milieu de tes hortensias bleus.

©GYPS

L’allure débonnaire, mal rasé au début, le visage totalement enfoui  dans une barbe épaisse digne d’Hémingway au bout de plusieurs mois, seules les idées d’écriture te permettent de t’échapper, t’enfuir dans la nature, dans tes pensées, partagé entre le feu qui ravage ton âtre, les vieilles pierres de la cheminée, et ces vagues, ces vagues qui foncent vers toi après avoir parcouru des milliers de kilomètres, la nature qui s’ouvre à toi mais tu hésites, un verre de vin rouge à la main, seul au milieu de tes hortensias bleus.

©GYPS

Le petit moment d’hésitation avant d’aller surfer : confortablement installé dans le canapé vintage vert passé de mes amis , entre les vieux papiers peints à fleurs, les gros coussins, le poêle massif qui pourrait être celui de ton arrière grand-mère, j’ai remis mes chaussettes bleus marine épaisses et délicieusement chaudes et mon bonnet qui lui aussi tient mes idées à la bonne température ; dans la vieille maison basque, indifférente au froid, au vent à l’humidité, je suis indélogeable.

Est-il possible dans ces conditions d’aller surfer ?

©GYPS

Je sais que c’est envisageable, je sais même qu’il va falloir y aller : enfiler la combinaison mouillée, marcher pieds nus jusqu’à la plage, la plante des pieds frigorifiés transpercée par mille petits cailloux qui s’apparentent davantage à des gravillons aux contours acérés qu’aux petits galets japonisants de la zen attitude, puis ramer, ramer, ramer, et se prendre des paquets de mer dans la tronche, des litres, des tonnes, le vent et j’espère la pluie.

Quoiqu’il arrive les nuages gris seront au rendez-vous, je vais aller surfer, je ne pense qu’à çà quand je suis ici, en même temps je suis bien dans ce canapé, avec le chat qui ronronne sur mes genoux, suis-je devenu une petite vieille du pays basque?

Les pieds nus sur la route, le petit sentier, la promenade le long du pont, ça bruine, les cailloux froids sous les pieds, je me jette à l’eau dans le petit lagon au milieu des rochers.

Au peek, seul, un espagnol sympa, c’est tout. Les séries arrivent désordonnées et dans tous les sens, juste faire attention à ne pas trop dériver vers la droite, ça file doux, quelques rides, c’est l’ambiance qui m’excite, rien ne peut t’arriver, la marée basse, je me retrouve échoué sur les rochers, et déjà sous la douche.

Je déjeune vite fait, un steak tartare et direction Biarritz où m’attend un ami … pour surfer, à la côte des Basques. J’ai pris une grosse planche en plastique Natural Surf 7.6 de BIC qui ne fait pas que des rasoirs, le temps de m’habituer à cet engin sorti de nulle part et c’est reparti, cette fois-ci des grosses droites qui pètent dans tous les sens : Biarritz ennuagée, grise, dépressive -

En fin de journée de retour à Guéthary, les bras, le dos, tout est lourd.

Impossible d’aller à l’eau, quelques photos, plein soleil –

©GYPS

La houle a nettement baissé, il y a plus de surfers à l‘eau, ça bataille pour des vagues un peu mollassonnes, je rentre à la maison, la maison basque, solide sur ses appuis elle aussi, et toute fraîche maintenant que le soleil a ramené sa fraise.

Le salon vintage avec sa vue magnifique sur le jardinet suranné qui contemple lui aussi l’Océan invite à la rêverie. La nuit qui tombe imprenable, le coucher de soleil est magnifique, les teintes rouge sang qui coursent les nuages, l’azur, les gris, les oranges flamboyants, tout cela est totalement déjanté, j’ai à peine le temps de les voir, il faut que je me pose, pour rester dans le présent.

J’entends des voix, quelques notes de JAMES dans le poste, singing « She is a star ».

Je me prépare des pâtes complètes à la tomate du Petit Casino voisin, les petites tomates mijotent dans leur coulis, l’eau bouillonne à nouveau mais cette fois c’est au fond de la casserole, pas pour noyer les imprudents.

Le ciel s’est figé, la carte postale immobile, dans le présent, je suis dans le présent, même les mouettes prennent leur temps, un petit nuage se ballade, se décompose, que faire, suivre ce nuage ? Ne plus y penser ?

Les gris, les nuances bleu nuit , le vent qui s’éloigne, ce bien-être qui m’envahit, je goûte le plaisir de ces simples pâtes à la tomate.

La journée du lendemain tout le monde filait à la plage par ce jour devenu sans vagues, le soleil avait maté la révolte qui s’installait quelque part par là, le creux dans la vie de ce village où tout tournait de la bouffe, du vin et des jolies filles.

©GYPS

Le soir venu la vue imprenable de la terrasse du Madrid sur le coucher de soleil nous autorisait toutes les descriptions, un tableau de Richter, « LANDSCAPE », une poésie de Lord Byron, le soleil s’était couché et le ciel endeuillé nous révélait toutes les nuances de son émoi, des nuages cendrés épars et du bleu légèrement crayonné, tout un univers impitoyable s’offrait à moi , du gris, du bleu, du blanc, de l’anthracite, et du noir, seul à ma table je dînais  avec l’Océan  d’une salade de homards aux agrumes et d’un verre de vin blanc, le verre de Patcharan n’est pas loin, il coule au fond de mon palais et réchauffe l’intimité de mon âme.

Le vent s’est levé et moi aussi, le vieux gilet en laine sur mes épaules, l’obscurité a envahi les alentours, les conversations s’animent, l’alcool, du vin au digestif coule à flots, tout ici est potentiellement chaleureux et flamboyant, tout est possible.

Les discussions sans fin, les joutes verbales, les secrets de famille, la camaraderie réconfortante des saisonniers. Tout est dans un sourire, celui qui ne quitte plus l’âme des aventuriers moqueurs, le col redressé et la cigarette aux lèvres, les flibustiers sont de retour, les images s’entrechoquent dans ma tête, le sommeil est à ma porte et va rentrer, quoiqu’il arrive, et je me dis, à moitié écrasé par l’importance de cette révélation : loving you Guéthary…

Terry Kingtown, August 2010

Avril 2010 -

Thomas bady vient de remporter la Maider Arosteguy, la prestigieuse compétition de surf de Biarritz du week-end de Pâques. Cet Angloy est un jeune mec bourré de talent, engagé, affublé d’un bon sens qui nous a laissé pantois, et surtout d’un esprit en or. Il est capable de faire le tour du cadran aux fêtes de Bayonne sans jamais oublier son engagement pour le surf. Thomas nous fait l’honneur de soutenir Parlementia et on a donc voulu en savoir plus sur sa life, son surf, ses trips …

©Alain Cassiede/Anglet surf club

©Alain Cassiede/Anglet surf club

Tu nous as régalés en gagnant la Maider Arosteguy à Biarritz devant une plage pleine de monde, ça doit être un immense plaisir ?

Oh oui ça fait du bien ! D’autant que ça faisait longtemps que je n’avais pas fait de compètes. Je m’étais un peu arrêté parce qu’à la fin je faisais un peu que des mauvais résultats, ça fait donc plaisir de repartir sur de bonnes bases. La Maider c’est une compétition qui est assez importante dans la saison, parce qu’il y a un peu tout le monde. On s’y retrouve après avoir passé l’hiver en Australie ou à Hawaii. Moi je suis resté ici à cause des cours, c’était donc un petit test pour connaitre le niveau qu’il me restait. J’avais pas trop surfé avant la compète, je ne savais pas trop comment les planches allaient marcher et quel était mon niveau alors je suis allé de l’avant et j’ai vu que tour après tour ça marchait pas mal. J’ai réussi à avoir de bonnes vagues, j’ai fait des tubes sachant que la seule fois ou j’ai surfé en  début d’année il y avait que ça, j’étais donc un rôdé pour les tubes…

Sur le second tour j’avais une série assez relevé mais j’ai réussit à faire le seul 10 de la compète que j’ai enchainé avec une autre bonne vague du coup j’ai bien pris confiance. J’étais dans une bonne dynamique ça s’est bien passé sur les ¼ et 1/2 ou j’ai encore fait des tubes (rires)… franchement les vagues me convenaient mais j’étais entre deux feux : j’avais un examen blanc le mercredi  alors je ne savais pas s’il fallait que je bosse ou si je devais me lancer à fond dans la compète. Du coup le lundi matin avant la finale j’ai surfé à Ondres des super vagues qui m’ont bien remis dans le bain. Puis je suis rentré bosser le droit et après je suis retourné faire ma finale l’après midi.

Sur la finale y avait que des supers surfeurs Abdel El Harim, Dimitri Ouvré et Igor Munian. J’ai pas mal attendu et regardé les autres surfer. Et en sortant de l’eau j’étais hyper étonné d’avoir fait un tube à 8,5 je croyais avoir surfé dans la mousse ce qui m’aurait valu un 2. Avec le 7 que j’ai pris, sur une droite, ça m’a permis de gagner, j’étais super content sur le podium !

Tu surfes depuis quand Thomas ?

J’ai commencé vers 7 ans.  Mon père jouait au rugby à l’Aviron et mon grand père était président du club de tennis, du coup je faisais du rugby, du tennis et du judo. J’ai même été champion d’aquitaine de judo. J’étais super bon dans tous ces sports. Vers 8 ou 9 ans j’ai surfé à Bali et à 10 j’étais à fond et j’ai fait ma première compète. Du coup il a fallu faire un choix entre tous ces sports. J’avais gavé de potes au surf club d’Anglet, que j’ai toujours, du coup j’ai fait surf  !

©Alain Cassiede/Anglet surf club

©Alain Cassiede/Anglet surf club

C’est quoi tes spots préférés ?

J’ai vraiment appris le surf entre la Madrague et les Cavaliers à Anglet. J’adore les vagues à tubes genre Labenne ou la Gravière ( Hossegor ). J’aime beaucoup Uluwatu à Bali où je vais assez souvent et où je connais beaucoup de monde et enfin j’adore Sapinus à Tahiti c’est une droite exceptionnelle.

Ta première planche ?

Ma première planche appartenait à  mon père et puis à 11 ans, il m’a offert une Stark pour Noel. Elle avait un dauphin dessiné dessus, parce qu’à l’époque j’adorais les dauphins (rires), il avait été dessiné par Teva un pote de Jean Pierre Stark. Je l’ai eu jusqu’à l’âge de 14 ans puis je l’ai vendu, mais je la croise encore parfois quand je vais surfer …

Ton père est fier de toi ?

Il m’a toujours poussé mais jamais pourri, il était fier de moi que je sois victorieux ou que je perde. Il était super content que je gagne la Maider.

Ta première combi ?

Une Victory du club d’Anglet, mais elle prenait l’eau  parce qu’elle était trop grande…

Première idole dans le surf  ?

Tom Curren, il savait tout faire. Il avait le style, la puissance, l’aisance, il était capable de tout dans 30 cm comme dans des vagues de 4 mètres. Il était au dessus du lot… Ensuite, Kelly Slater évidement qui a hissé le surf à un niveau encore au-dessus, notamment en le professionnalisant. Maintenant j’aime bien Jordy Smith, c’est le genre de surfer qui me pousse à dépasser mes limites.

Tu te rappelles de ton premier Barrel ?

C’était au club à Anglet, j’en ai fait deux dans une même compète et dans la même série. J’avais encore la photo il y a pas longtemps sur le mur de ma chambre. C’était mon entraineur Christophe Clemente dit Mismo qui m’avait pris en photo, j’avais une position pourri dans le tube, le cul en arrière. Mais j’étais hyper content. J’avais fermé les yeux, du coup c’est un pote à moi,  Gaëtan Puigserver, qui passait la barre qui m’a dit que j’avais pris un tube…

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©Alain Cassiede/Anglet surf club

T’as un longboard dans ton quiver ?

Non, en revanche j’ai une petite planche plus épaisse et plus large, une Stark un peu comme un petit Fish, avec la nouvelle technologie « Phéno EPS Foam » avec rail parabolique en carbone. Ça donne beaucoup de réaction, de flex, ce sont  des super boards.

T’as combien de planches ?

J’ai environ 10 planches entre les petites planches et les guns. Par an, je dois bien me faire faire 30 planches, entre celles que je casse et celles que je surfe mais que je n’aime pas trop, ça va vite…

Tu sors souvent les guns ?

Le plus souvent possible ! J’adore les grosses vagues ! Cet hiver on a été gâté. Mais en fait quand c’est gros j’aime bien surfer avec des planches plus petites t’as plus de sensations au niveau du take of et même sur la vague. Je sors la grande planche quand c’est vraiment énorme genre sur Avalanche (Guéthary).

T’es plutôt roots ou organisé ?

Plutôt organisé quand je surfe, je rince mes combis, j’ai ma petite caisse dans ma voiture pour ne pas mettre de sable. En trip par contre j’suis plus à l’arrache, plus roots.

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©Alain Cassiede/Anglet surf club

Et aux fêtes de Bayonne ?

A l’ancienne !!! Je rentre tôt le matin vers 10 heures je vais direct à la plage je vais surfer avec le short et le foulard et après je repars à 18 heures à l’apéro et ça pendant 5 jours. Tous les ans on les attend les fêtes de Bayonne !

Tes pays préférés en surf trip ?

J’ai été un peu partout. J’ai habité devant le Pipe à Hawaï quand j’étais jeune, j’y surfais tous les jours hyper tôt au lever du soleil. Du coup j’aime beaucoup Hawaii. J’aime beaucoup Rocky Point c’est une vague qui pète toujours au même endroit. Quand c’est gros il y a Sunset qui est une super vague. Velzyland très connue des locaux, très jolie avec des tubes. Et de l’autre côté de l’île y a des spots pas très connu des surfeurs européens et tu surfes dans de l’eau bleu turquoise… Sinon ça dépend des swells mais j’ai beaucoup aimé les Maldives on y a fait un trip avec des copains après un WQS ou j’avais passé quelques tours.

Ta plus grosse frayeur ?

A Avalanche ! Après Belharra  j’étais seul à l’eau avec Yann Kazandjan  j’avais pété ma planche au fond sur une vague qui m’avait pétée sur la gueule, j’avais plus de leash, j’étais tout seul à la nage au large  et y avait presque 5 mètres. Je me suis fait une frayeur parce que je n’arrivais pas trop à rentrer, dès que je voulais prendre une vague en body surf je me prenais des gros bouchons. Quand je suis arrivé au bord j’étais un peu essoufflé et là je me suis dit qu’il fallait que je fasse gaffe. Même si j’aime bien surfer le gros faut avoir un peu de conditions pour y aller…

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©Alain Cassiede/Anglet surf club

Tu surfes beaucoup et dans toutes les conditions, tu trouves que l’état de l’eau s’est amélioré ?

Oui y a eu une grosse amélioration. Avant en Espagne il y avait une énorme décharge à ciel ouvert ça fait 3 ou 4 ans qu’elle a été fermée, ça a beaucoup aidé. En plus les mairies de la côte nettoient beaucoup les plages du littoral. A Tarnos ou j’habite cet hiver il y avait presque pas de déchets sur la plage et dans l’eau alors qu’avant c’était plein de détritus. C’est évident que c’est mieux.

As-tu le souvenir d’une session incroyable ?

C’était il y a 2 ou 3 ans à Labenne. Nous étions resté 8 heures d’affilées à l’eau. Des fois on en parle encore, il  y a des tas gens qui s’en souviennent. Ce jour la même les débutants pouvaient faire des tubes… j’avais dû faire 150 tubes dans la session, chaque vague tubait. Grâce à cette  journée et aux photos que nous avions fait j’avais eu plein de parutions, j’étais hyper content !

Justement t’as des difficultés pour trouver de l’argent, des sponsors ?

Avant je bataillais pour ça. Quand je faisais des compètes je cherchais à faire des résultats, et donc à avoir des parutions mais mes sponsors de l’époque n’ont pas joué le jeu ils m’ont promis beaucoup et pas donné grand-chose. J’avais quand même de quoi faire des compètes et quelques trips j’étais content de ce que j’avais mais franchement à l’époque je méritais plus. Pour les marques ça n’était jamais assez, elles n’étaient jamais contentes, alors je me suis barré vers des marques moins connues et c’est mieux. Du coup je représente un peu comme je veux dans mes trips mes compètes, c’est plus cool. Elles se satisfont de mes parutions dans les mags ou sur le net. Je voyage autant que je veux d’autant que j’ai un statut particulier avec la fac, (Thomas est en deuxième année de droit ) j’arrive à vivre de ma passion ça c’est bien et parfois je mets de mon argent perso parce que les trips c’est avant tout pour soi et pour ses potes.

L’aventure Parlementia ?

Je suis hyper content de bosser avec vous, je crois que c’est le surfeur qui doit aider la marque à se développer. J’espère que pour le futur ça va bien marcher pour qu’on puisse faire évoluer notre relation le plus haut possible. Pour m’amener à faire des gros trips et véhiculer l’image de la marque un peu partout dans le monde. Parlementia c’est un symbole, une vague mythique, elle raconte un bout de l’histoire du surf, je crois que c’est la bonne idée…

Ton mot de la fin Thomas ?

Je suis très open, je ne me prends pas la tête, je reste simple je ne m’angoisse pas avec les compètes, ce n’est pas ça qui me fait marcher mais l’envie. Alors si vous avez envie et qu’on a tous envie…

Itw réalisé par l’équipe de Parlementia et Gipsy (qui nous fait le plaisir d’une visite furtive entre  deux trips …)

Le gars qui nous a filé toutes les photos c’est Alain Bacalao Casiede un photographe spécialiste de surf qui ride depuis 30 piges et qui s’occupe à plein temps de l’Anglet Surf Club ( www.angletsurfphoto.com ) . Lorsqu’on lui a demandé si on pouvait avoir accès à ses clichés il nous a tout simplement répondu « si c’est pour aider un gars du club y a aucun problème… ».

Rien à ajouter !

Mathieu Tonetti, un ami de Parlementia, revient d’un run à L.A avec dans sa besace une expo Photos fabuleuse.

Réalisateur, photographe, clipeur (air, Sébastien Tellier, Phoenix…)  Mathieu n’a donc pas résisté à l’envie de nous présenter ce road movie statique qu’il accompagne du film Bombay Beach, réalisé par lui même et sa Muse Camille.   

©Mathieu Tonetti

  

Le point de vue de la journaliste Olivia Gurdjian. (Juillet 2010)

Mathieu Tonetti a un œil et un sacré bon œil.   

On le savait bon pour le glisser dans le viseur d’une camera et le voila qui au détour d’un trip a LA s’aventure derrière celui d’un appareil photo.
Pas n’importe quel appareil. Le bougre nous bluffe déjà avec … un I-phone!
   

©Mathieu Tonetti

Ca ressemble un peu à un road movie mais a l’arrêt. On inverse la logique et pendant ce road movie statique, Mathieu shoote ce qu’il découvre, ce qui le fait halluciner, ce qui l’enthousiasme. Une manière de s’approprier ce Los Angeles fantôme, refuge involontaire d’une faune improbable. La prouesse est intéressante car peu vue et dieu sait qu’on en a mangé des images de L.A.   

©Mathieu Tonetti

Il s’attarde sur ce qu’il perçoit et imagine comme les vestiges d’une humanité disparue ou peut être simplement cachée, sur quelques chiens errants, parfaits figurants et protagonistes d’un chaos qui s’organise silencieusement et sur des mannequins figés au moment T ou l’homme s’en est allé.   

©Mathieu Tonetti

Une fois captifs, Mathieu ressort ses cliches et leur donne la couleur des fantasmes qu’il plaque sur cette ville. On sent qu’il se fait plaisir en donnant à ses photos des couleurs saturées, criardes et punchy au maximum. C’est par elles que, peut être, L.A se met enfin a hurler. C’est en tout cas par elle qu’Il la fait hurler. Comme une belle femme silencieuse depuis un temps trop long qu’on a viscéralement envie de faire crier.   

©Mathieu Tonetti

Et puis il a fallut fixer tout ca, les cris, les couleurs, les fantasmes, les mirages et tout un tas de choses ineffables qui le resteront.   

©Mathieu Tonetti

Alors que son œil et son esprit commençaient a violemment saturer entre les murs parisiens, ils se sont tout aussi violemment aérer en arrivant a L.A. La vanne a enfin pu s’ouvrir a nouveau pondant des innovations créatives comme les plaques de métal sur lesquelles chacune des photo a été tirée.   

©Mathieu Tonetti

 On ne tombera pas dans des explications superflues et surtout très chiantes du pourquoi les plaques et pourquoi le métal, on ne gardera pour la fin que les mots de Carlos, le tireur ricain de Mathieu « Même s’ils balancent une bombe atomique, ton art restera ». 

Olivia Gurdjian  

©Mathieu Tonetti

A VOIR ET A REVOIR : EXPO « RANCHO MIRAGE » DE MATHIEU TONETTI

©Mathieu Tonetti

  

Aujourd’hui Parlementia rencontre Jean-Pierre Martins l’acteur français hyper sexy et en pleine montée qui porte du Parlementia avec une classe folle. Magnifique Marcel Cerdan dans « La Môme » d’Olivier Dahan, on l’attend avec impatience dans « La Horde » de Yannick Dahan et Benjamin Rocher,  le premier film de Zombie français dans lequel il tient le rôle principal…

Jean-Pierre Martins

Jean-Pierre Martins

Entretien et images :

BL : Déjà nous sommes hyper fiers de te voir habillé en Parlementia, la marque qui rend hommage à la vague mythique du Pays Basque sur laquelle tu as déjà traîné… On sait que tu as beaucoup surfé alors peux-tu nous raconter tes débuts ?

Jean-Pierre Martins : J’ai commencé il y a longtemps au Portugal avec des potes. J’ai une baraque à coté de Lisbonne, d’où est originaire ma famille ; là-bas il y a quelques plages avec de très belles vagues … depuis tout petit je voyais plein de mecs avec des surfs alors je me suis dit qu’un jour il fallait bien que je m’y mette … je suis parti avec 8 potes en surf trip, dont mon vieux pote Clarence, on s’est fait toute la côte du Portugal, de Lisbonne jusqu’au nord … on dormait à l’arrache sur les plages et on essayait de trouver des spots un peu cool. On pensait être des aventuriers et trouver des endroits que personne ne connaissait et le lendemain matin au réveil, il y avait plein de surfeurs dans l’eau ; c’était assez drôle (rire !). Que des bons souvenirs en tout cas…

BL : C’était quoi les spots au Portugal où tu aimais surfer, t’éclater ?  Qu’on s’organise un surf trip par là-bas …

Jean-Pierre Martins : Ben déjà près de chez moi vers Lisbonne, il y a un spot qui s’appelle Costa da Caparica (avec l’accent !) c’est un endroit où il y a de belles vagues, de belles lignes de houle avec de grandes plages à l’américaine, des plages qui font des kilomètres et des kilomètres genre côte landaise. Il y a un autre endroit qui s’appelle Peniche (re avec l’accent) qui est un spot où il y a des petits championnats européens et pas mal de surfeurs et après tout le long de la côte, en remontant jusqu’à Figuera da foz (re re avec l’accent), tu as des endroits qui vont vraiment bien. Voilà quoi … c’était le trip d’avoir deux pauvres AX Citroën, une remorque, toutes les planches sur le toit et c’était cool quoi….

Jean-Pierre Martins nous présente sa première board.

Jean-Pierre Martins nous présente sa première board.

BL : sinon tu connais bien Parlementia, le Pays Basque, la côte Ouest quoi ??

Jean-Pierre Martins : Parlementia ? la vague la plus connue d’Europe avec Mundaka… Et la côte Ouest ? Ah ben ouais ! quand j’étais musicien dans Silmarils on a fait pas mal de tournées là bas, et avant même de signer on a fait un paquet de concerts dans les Landes … on squattait au camping de Seignosse et après on descendait jusqu’au Pays Basque et on faisait des dates un peu partout … on a même joué sur la plage de Port Vieux, à Biarritz, sous des trombes d’eaux : un truc de dingue… C’est vrai qu’on a eu le temps d’en profiter, de voir les vagues du coin et même parfois de les essayer.

BL : Tu nous dis un petit truc avant que l’on regarde la petite vidéo qui suit dans laquelle tu nous fait le pitch de « La Horde » :

Jean-Pierre Martins : Je vais te dire la vérité : je kiffe Parlementia  parce que pour moi c’est un spot pour les vrais et cette marque de wear pour moi elle est vraie,  les valeurs qu’elle véhicule me parlent … C’est tout.

BL : Super JP, merci pour tout et surtout pour ce petit tartare de Saumon Bio fait maison sous mes yeux, du bonheur !! Bonne continuation !

Allez ! Maintenant on se regarde la vidéo dans laquelle tu nous parles de ton actu :

Pour voir la bande annonce de la horde c’est par là, attention ça fout la trouille :

Dans les traces du mystérieux Tétras Lyre : Aiguilles Rouges – hiver 2010 -

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La météo l’annonçait depuis deux jours : la poudreuse est  tombée toute la nuit en abondance sur les sommets et dans toute la vallée.

Le réveil nous a tirés du lit comme prévu à 7 heures tapantes. Notre excitation a eu raison des quelques bières de l’amitié partagées la veille : plus possible de reculer, la montagne nous attend pour le run de l’année.

On se doit d’être les premiers dans les télécabines qui nous monteront à 3200 mètres sur l’Aiguille Rouge ….

On y est, arrivée au sommet, la vue qui te laisse sans voix et une marche d’une demi-heure qui nous attend ski sur l’épaule.

Attention, c’est la haute-montagne et comme me disait toujours mon père quand on vivait à Bourg Saint-Maurice :

« Là-haut mon petit gars il y a des endroits interdits aux glisseurs sans guide … »

« Pourquoi daddy ? »

« C’est pour protéger le Tétras-lyre »

Vous vous demandez ce qui se cache derrière ce nom bizarroïde, ce nom que j’entendais à longueur d’année de la bouche de mon père, c’est ma madeleine de Proust, pas une pâtisserie ni une plante verte mais un gallinacé, la petite poule sauvage de mon enfance …

Le Tétras-lyre, une poule de montagne pas très avenante qui se reproduit au septième ciel, à 3000 mètres d’altitude.

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C’est pour ça qu’il faut être accompagné d’un guide qui coûte cher pour aller glisser sur ses terres, là t’as le droit d’aller l’embêter.

Par contre si t’as pas les moyens de te payer le fameux guide, normalement tu n’as pas le droit d’y aller.

Capicci ?

Bon pas de polémiques on est des pacifistes écolos fans du WWF, on n’a pas d’argent pour le guide donc on va passer vite fait gratuit l’air de rien et on va pas l’embêter plus que ça la poule de montagne.

Elle doit vraiment se les geler la poule je me dis en entamant la marche vers le sommet.

Cette ascension à pied avec les skis sur l’épaule est un moment que j’apprécie tout particulièrement, physique, intense, où tu aspires à beaucoup d’humilité, une suspension dans le temps, normalement calme et apaisant.

Le silence de la montagne …

Je suis pourtant surexcité par ces conditions de rêves, de la fraîche, de la poudre, un océan de fromage blanc complètement vierge qui nous attend et je me mets à parler trop et trop fort, mes potes me disent de me taire, mais je continue et là ils me rappellent que si je la ferme pas je risque de faire partir une putain d’avalanche …

« Ah ouais ? »

« Ouais ! »

Je me calme illico ils ont sans doute raison.

Avec mes potes on forme une sacré bande de couillons, certains sont en snow d’autres à ski, moi j’ai opté pour mes K2 Public Enemy adorés, un Kdo de ma poule…

Les skis se font un peu lourds sur l’épaule mais cette épreuve va me servir d’échauffement musculaire avant de s’abandonner dans la pente…

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Nous passons sur une crête pas très large, le vide à gauche, le vide à droite, le cercle des poètes disparus c’est fini, il ne faut plus trop réfléchir voire même s’en empêcher car le vertige peut se pointer à tout moment et te paralyser pour un bon bout de temps.

Cà s’arrange un peu plus loin, et on profite de la vue divine, mystique sur l’Italie, la Suisse, la chaîne de Belledonne, le mont-blanc, le col du petit saint-bernard… magique ! Merveilleux ! Dieu existe !

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Enfin on est arrivé, seuls au monde, les conditions sont optimum : soleil, poudreuse, pas un poil de vent, et on l’espère les fameuses poules de montagne !

Pour chausser c’est une autre paire de manches, le vide est partout. Nous sommes déjà dans une pente assez abrupte et le run of the year va commencer par une traversée qui nous semble pas très stable, on décide alors de passer chacun notre tour pour éviter de se mettre en danger inutilement.

C’est ce mother fucker de Nico qui s’élance en premier, c’est de loin le plus aguerri de la troupe, ça paraît bon mais une fois en sécurité à une dizaine de mètres de nous il nous balance un « putain je crois que ça craint c’est pas stable !!! ».

Ma gueule se décroche comme dans un dessin animé, les bras ballants au bord du précipice.

«  T’es con ou quoi de nous sortir des trucs pareils ? »

« J’y peux rien je le sens pas ! »

On a beau pester contre lui, tout le monde se regarde légèrement inquiet, on peut difficilement faire machine arrière, on doit enquiller, that’s the way it is …

Je me jette dans la pente.

Bon en fait tout s’est bien passé et on ne saura jamais si ça craignait mais vu le nombre d’accidents graves en Tarentaise chaque année il faut toujours penser qu’un tel passage n’est jamais vraiment sécurit.

On compte environ 30 décès par an dans les alpes du à ce genre d’imprudence…

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Un kid des Pyrénées devenu aujourd’hui un énorme champion de snow m’avait dit un jour «  si tu freines t’es un lâche ! »

J’ai souvent cette phrase en tête quand je me jette dans la pente avec mes potes, une pente généreuse qui alterne du 45 degrés et des inclinaisons moins raides mais toujours soutenues ce qui nous permet de conserver une bonne allure pendant que derrière nous, la neige s’envole dans un nuage de joie pure et simple. Juste nous et l’univers.

Cette sensation incroyable de flotter sur la neige … le kiffe imparable de ce sport.

Quelques barres à passer on en profite pour « grapper », on tente des débuts de  figure, jamais très gros.

Mais attention quelque soit le mouvement ne jamais oublier d’être élégant sinon c’est la vanne assurée, le style entre nous c’est une question de survie, un truc obligatoire !

Et soudain on aperçoit au loin une bande de chamois, énorme plaisir d’être en milieu sauvage, ces moments de grâce sont devenus tellement rares !

photos Eric Breyton

photo Eric Breyton

Pour les poules de montagne c’est pas pour tout de suite …

La descente continue à un rythme d’enfer, on tente de faire les plus belles traces possibles, d’être en phase, de rider ensemble et après une bonne glisse on se fait la fameuse pause qui nous permet d’observer nos traces quasiment depuis le départ : des courbes on l’espère sensuelles comme une œuvre d’art.

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La réalité est plus dure, pas question de fumer un joint ou des clopes en se disant qu’on est des héros, à voir les traces on dirait qu’une colo de banlieue parisienne vient de débouler sur le spot : au lieu des S attendues on a plutôt affaire à une succession de Z …

Mais l’essentiel est ailleurs, être entre nous à la montagne, dans ce milieu sauvage et magnifique, c’est la nature, la faune, les poules …

Greenpeace for ever !

Les affaires reprennent, j’aperçois un peu plus loin au bout d’un bon dénivelé un kick qui me semble parfait pour s’envoyer en l’air, je décide alors de me lancer le premier en ignorant complètement comment se comportera la pente à la réception du saut.

Au diable les varices comme disait ma grand-mère ! C’est gavé de poudre au pire si ça tourne au vinaigre on ne se fera pas bien mal …

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Je prend donc de la vitesse, n’hésites pas un seul instant sur ce que je vais rentrer, j’ai la bonne allure et le kick me permet de prendre de l’amplitude, j’entame donc un 360 degrés pas super compliqué … sauf que grisé par le plaisir de l’envol je décide d’écarter les bras dans ce qui est censé symboliser ma joie de vivre l’instant présent, seul au milieu de mes amis et de cette nature généreuse….

Ma rotation s’arrête nette au trois quarts de celle-ci :

Je me retrouve donc en pleine vitesse à devoir faire ma réception en travers de la pente, autant dire que tout va s’arrêter d’un seul coup et que j’ai largement le temps de craindre le pire …

Pas le temps de revoir ma vie.

Au moment où je touche le sol tout se bloque, mon visage vient s’écraser sur mon genou droit explosant mon vieux masque Arnette, j’ai le nez et les lèvres en sang mais heureusement rien de cassé, je suis toujours en vie …

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Les skis ont disparu sous l’épaisse couche de neige fraîche, il me faudra vingt bonnes minutes pour réussir à les extirper, je suis complètement rincé, épuisé après voir creuser aussi longtemps le nez en sang dans la poudre.

La suite du run est plus difficile, après ce 360 foireux je skie mal et suis très fébrile, le pire dans tout ça c’est que la poule de mon enfance, le Tétra-lyre est resté planqué pendant toute la descente.

Je suis heureux d’arriver en bas avec mes amis, tout le monde est rentré à bon port et c’est du bonheur, joie simple d’avoir traversé la haute-montagne …

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En rentrant chez ma poule et mes petits poussins j’ai voulu en savoir plus sur l’énigmatique Tetras Lyre pour qui l’hiver doit être particulièrement long et rigoureux. La neige recouvre la végétation et notre sympathique bestiole se nourrit exclusivement d’aiguilles de pins ou de mélèze, ce qui constitue pour elle un apport énergétique très relatif. Notre animal bouge donc le moins possible pour économiser ses forces, ce qui explique sans doute pourquoi on ne l’a pas vu  …

D’autant plus que cette malheureuse poule sauvage est traquée par tous les prédateurs de la montagne : rapaces en tout genre, aigles, grands ducs, mais aussi les renards, fouines, et blaireaux qui se jettent sur les nichées vulnérables.

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Bien que possédant une vue et une ouïe hors du commun qui lui permet de détecter les dangers, jaillir des fourrés et s’envoler rapidement pour se cacher au creux des ravins, le Tétras-Lyre est aujourd’hui en danger !

Attention ma petite poule ! Attention !

L’homme est aussi ton ennemi car il te chasse depuis toujours, et même si seuls les mâles adultes sont considérés comme un gibier de chasse, ta population décline jour  après jour malgré la mise en place des mesures de protection.

C’est triste mais c’est comme ça les guides de montagne traversent ton territoire sans te déranger et les hommes te protègent pour finalement mieux te chasser …

C’est la fin de l’après-midi, au soleil, pas un poil de vent, le ciel est à moi, je suis en l’air, les ailes largement déployées pour célébrer ce moment de liberté, seul face à la montagne, dans la joie de l’instant présent, le temps s’est suspendu …

Le coup de feu retentit, je m’écrase lourdement dans la pente, le sang s’écoule lentement dans la terre fraîche, ce soir je ne rentrerai pas dans la vallée avec mes amis.

Fuck !

tetra_lyre_poule_montagne_neige_snow_chronique_ski

( Rude boy pour Parlementia –2010 – remix Gips 2T 2010 )

Le 07.06.2010, 18h24 nous arrive la depêche AFP qui suit. Après avoir pris connaissance de celle-ci nous avons voulu en savoir un peu plus sur Jean-Marie Avallone l’armateur Sétois porte parole des thonniers… Edifiant !

(Nous vous proposons de lire, dans un premier temps, la dépêche AFP puis de lire l’article, sur cet armateur Sétois, ecrit en  2003 et publié dans l’Express.)

Dépêche AFP : Un nouvel incident a opposé lundi l’organisation Greenpeace et des thoniers au large de l’île de Malte, qui aurait fait un blessé selon les pêcheurs, ce que dément formellement l’ONG.
Le bateau de Greenpeace qui patrouille au large de Malte, l’Arctic Sunrise, « a tenté de libérer les thons » rouges remorqués en cage vers les fermes d’engraissement mais a fait demi-tour à l’approche de deux thoniers qui se dirigeaient sur la zone, a indiqué à l’AFP Isabelle Philippe, porte-parole de l’organisation.
« Il n’y a eu aucun contact entre nos militants et les équipages des bateaux de pêche. Et donc aucun blessé », a-t-elle assuré.


Selon l’armateur sétois Jean-Marie Avallone, le navire de Greenpeace s’en est pris à un remorqueur de cage à thons et a « éperonné » le bateau d’assistance qui l’accompagnait, blessant un marin tunisien.
« Le bateau de Greenpeace a éperonné le bateau accompagnateur et a fait un blessé, un matelot tunisien, qui a été récupéré par un bâtiment de la marine française », a affirmé M. Avallone à l’AFP.
Contactée, la Marine nationale a confirmé qu’un médecin militaire s’était rendu « à bord d’un chalutier tunisien. L’équipage a fait état de contacts entre lui-même et des bateaux de Greenpeace, mais nous ne connaissons ni les circonstances ni le déroulement de cet incident », a rapporté son porte-parole, Hugues d’Argentré.

L’aviso Commandant Bouan se trouvait à plus de 30 milles nautiques (environ 60 km) du chalutier au moment de l’incident, a-t-il ajouté. Quant au marin, « il n’a pas été jugé nécessaire de l’hospitaliser », a-t-il précisé.


Lors d’un violent accrochage entre Greenpeace et les pêcheurs, vendredi au large de Malte, un militant britannique avait eu la jambe accrochée par un harpon. L’ONG, qui milite pour une suspension de la pêche au thon rouge en Méditerranée en raison de l’effondrement des stocks, a exprimé son intention de porter plainte. « On demande que les bateaux de Greenpeace soient arrêtés », a indiqué pour sa part M. Avallone lundi. « Il faut les neutraliser, ils cherchent la provocation », a-t-il estimé.

POUR MIEUX COMPRENDRE QUI EST JEAN-MARIE AVALLONE :

A VOUS DE JUGER…

Les réseaux de Sète

Le système Avallone

Par Molénat Jacques, publié le 09/10/2003 dans  l’Express

En trois décennies, le patron pêcheur Jean-Marie Avallone est devenu le maître tout-puissant de la pêche méditerranéenne

Jean-Marie Avallone aurait pu jouer dans un film de Marcel Pagnol. Ses grosses bagues, sa chaîne en or, son verbe coloré et sa casquette au-dessus d’une silhouette trapue auraient crevé l’écran. Mais il ne faut pas se fier aux apparences: cet homme truculent, si drôle avec ses amis, est aussi le patron redouté de la pêche méditerranéenne. Impérieux, rusé, calculateur, dans les réunions officielles, il se place en retrait, silencieux, observateur avisé à qui rien n’échappe. Face aux siens, il trouve les mots qui électrisent et qui emballent. Ce maquignon des mers, également propriétaire d’une importante entreprise de mareyage, s’est bâti une fortune colossale, dont témoigne sa superbe villa de la Corniche. Avec le concours de son fidèle second, Henri Anselme, dit «Bouchon», Avallone a imposé sa loi à l’univers largement opaque de la pêche méditerranéenne.

Toujours plus! Telle semble être sa raison de vivre. Il est loin, le temps de la jeunesse pauvre de ce fils d’Italiens, de ses premières pêches, à 14 ans, à bord du Jeannou-Nénette, le petit bateau de ses parents. Très vite, le jeune homme entend voler de ses propres ailes. Il emprunte au Crédit maritime et fait construire son premier bateau, un 26-mètres. Dès lors, chacun de ses nouveaux navires sera plus grand, plus beau et plus moderne que le précédent.

Aujourd’hui, à 65 ans, Avallone est à la tête de la plus importante flotte de pêche de la Méditerranée. 5 des 20 thoniers du port de Sète lui appartiennent. Pour leur donner un nom, Avallone n’est pas allé chercher bien loin: il a accolé son prénom à celui de son frère et associé. Ainsi ont successivement pris la mer le Jean-Marie Christian 1, le Jean-Marie Christian 2 et ainsi de suite, jusqu’au dernier en date, le Jean-Marie Christian 7.

La chasse au thon rouge est, de loin, la pêche la plus rentable de la Méditerranée. Au large des Baléares, de Malte ou de la Libye, les thoniers d’Avallone opèrent en flottille. Au-dessus d’eux, un petit avion repère les bancs de thons et guide les bateaux. Les Japonais sont friands de ce poisson, mais leurs bâtiments ne sont pas les bienvenus en Méditerranée… On peut s’arranger. Il est arrivé que, en pleine mer, des cargaisons de thon soient transférées d’un bateau français à un bateau nippon dans des conditions financières énigmatiques. Pour les équipages et les patrons de thoniers, une saison de deux mois engendre de véritables pactoles, sur lesquels règne l’omerta. «Il m’est arrivé d’empocher 75 000 euros, et mon patron… 14 fois plus», glisse, en confidence, un matelot.

Doué pour s’informer et commander, Jean-Marie Avallone a vite compris qu’un investissement dans la profession ne pouvait nuire, au contraire, à la marche de ses affaires. En chef charismatique, il s’est fait élire ou nommer partout où les pêcheurs s’organisent, revendiquent, négocient et se financent. Il est l’inamovible prud’homme major du port de Sète, l’un des six vice-présidents du Cepralmar (Centre d’étude et de promotion des activités lagunaires et maritimes), l’un des sept vice-présidents du conseil consultatif de la Banque de France à Sète. Il a placé ses lieutenants aux postes clefs: Raphaël Scannapieco à la présidence du syndicat Sète-Môle, Joseph Salou à la présidence du comité local des pêches et à la direction de la Sathoan, la coopérative des pêcheurs sétois.

Avec la menace – souvent mise à exécution – de bloquer le port, Avallone a orchestré de rudes batailles pour conserver le plus longtemps possible les incroyables privilèges de son métier: comme celui, maintenu jusqu’en 1981, de ne pas payer un centime d’impôt sur le revenu. Mais, à force de monopoliser l’information à son profit et à celui de ses proches, il a provoqué la création d’un syndicat concurrent du sien, le Syndicat des thoniers méditerranéens, que préside un patron pêcheur de Port-Vendres, Jean Lubrano.

Il y a cinq ans, Jean-Marie Avallone et Raphaël Scannapieco étaient revenus furieux d’une réunion à Paris. La Direction de la pêche leur enjoignait fermement de mettre fin à leurs entorses à la réglementation internationale et de ne pas prendre la mer à la mi-août, comme ils l’avaient décidé, seuls avec leur caste de thoniers. Les deux hommes avaient claqué la porte et annoncé, en réaction, le blocus du port. Ce qu’ils entreprirent aussitôt, mettant en avant auprès de l’ensemble des patrons pêcheurs non pas le différend sur le calendrier, mais la pression à exercer sur les autorités pour que soit tenue la promesse de nouveaux équipements du port. Criant à la manipulation, un ancien prud’homme au franc-parler, André Cardone, s’employa à ouvrir les yeux des patrons pêcheurs sur les véritables motivations d’Avallone et de ses amis. Du coup, plus de la moitié d’entre eux refusèrent le mot d’ordre de blocus. Avallone désobéi! Un affront pour le maître du port, qui, ce jour-là, perdit un peu de sa toute-puissance. Un peu.

LEMONDE.FR avec Reuters | 16.09.10 | 08h34

La population asiatique de tigres est sans doute proche de l’extinction, puisqu’il reste moins de 3 500 animaux à l’état sauvage, pour la plupart regroupés dans des biotopes fragmentés représentant moins de 7 % de leur ancienne aire de répartition en Asie. Préserver les tigres des braconniers et des bûcherons illégaux dans 42 territoires disséminés à travers l’Asie est crucial pour sauver cette espèce d’une extinction à l’état sauvage, conclut une étude, publiée par la revue en ligne PLoS Biology.

Préserver les tigres des braconniers et des bûcherons illégaux dans 42 territoires disséminés à travers l’Asie est crucial pour sauver cette espèce.

Le principal auteur de l’étude, Joe Walston, membre de la Wildlife Conservation Society, et ses collègues ont identifié 42 territoires, appelés « sites sources », à partir desquels les tigres peuvent se reproduire et être sauvés de la disparition. Dix-huit de ces territoires se trouvent en Inde, huit sur l’île indonésienne de Sumatra, six en Extrême-Orient russe et les autres se répartissent entre la Malaisie, la Thaïlande, le Laos et le Bangladesh. « D’après les données disponibles, aucun ‘site source’ n’a été identifié au Cambodge, en Chine, en Corée du Nord pas plus qu’au Vietnam », lit-on dans l’étude, selon laquelle le déclin de la population des tigres est due avant tout à la demande en os de ce félin, utilisés par la médecine traditionnelle.

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Le Tigre de nos jours

Après avoir été massacré par les anglais notamment, il est de nos jours braconné pour son pénis et son humérus, éléments qui seraient aphrodisiaques. Les cinq sous-espèces de Tigre (trois ont déjà disparus) reculent devant l’homme.
Un mâle a besoin pour se nourrir de patrouiller sur une zone boisée de 20 km2 à 3 000 km2. Or les forêts qu’il affectionne ont été mises en culture pour soutenir l’extraordinaire croissance démographique de l’Inde. Ayant chacun un territoire de plus en plus réduit, l’homme et le Tigre en sont revenus à la situation du début du XIXè siècle.

La promiscuité et la raréfaction des proies, elles aussi victimes des mêmes maux, ont engendré de nouveaux mangeurs d’hommes. Il y avait 100 000 Tigres en Asie au début du XXè siècle. En 2003, ils ne sont plus que 5 000 à 7 000, dont un peu plus de la moitié en Inde. Les Tigres d’Indochine ’1 000?), de Sumatra (500?), de Sibérie (200?) et de Chine (50?) sont désormais trop peu nombreux pour éviter la consanguinité. Atteintes de débilité, les espèces s’éteignent progressivement. Et bientôt, le Peuple de la Jungle ne pourra plus s’éveiller au feulement de son plus beau gardien.

Myriam Kieffer – Animaux en Voie de Disparition – Espèces Menacées

Ce texte date de 2008 mais  il est plus vrai que jamais :

Nous y sommes


Par Fred Vargas

Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.
Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides àl’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi ou crevez avec moi

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille
récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer.
Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d’échappatoire, allons-y.
Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain



Sa biographie :

Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers.

Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d’effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d’histoire. Elle s’intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge.

Elle a débuté sa « carrière » d’écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l’amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque.

« Fred Vargas a inventé un genre romanesque qui n’appartient qu’à elle : le Rompol. Objet essentiellement poétique, il n’est pas noir mais nocturne, c’est-à-dire qu’il plonge le lecteur dans le monde onirique de ces nuits d’enfance où l’on joue à se faire peur, mais de façon ô combien grave et sérieuse, car le pouvoir donné à l’imaginaire libéré est total. C’est cette liberté de ton, cette capacité à retrouver la grâce fragile de nos émotions primordiales, cette alchimie verbale qui secoue la pesanteur du réel, qui sont la marque d’une romancière à la voix unique dans le polar d’aujourd’hui. Les personnages qui peuplent ses livres sont aussi anarchistes et lunaires que savants. Qu’ils soient férus d’Antiquité ou océanographes, le regard qu’ils posent sur le monde combat le conformisme et l’ordre établi avec pour arme la fantaisie et l’humour. »

Jeanne Guyon, Le Magazine Littéraire



NEW YORK SURF STORIES

avril 2011

©GYPS


Aout 2010, il fait très très chaud dans New York City,de retour du Costa Rica,

on traine dans les quartiers touristiques de Greenwich Village, nous voilà dans le Patagonia shop, c’est la tradition quand tu vas à Manhattan, tu  traines toujours un peu dans cet endroit mythique voir ce qui s’y passe.


©GYPS


Je suis là en train de rêver devant le livre de Gerry Lopez «  Surf is where you find it » quand une superbe meuf avec une coupe afro façon 70’s Blacksploitation m’interpelle avec une joyeuse gouaille toute locale …


©GYPS


- Qu’est-ce qui veut le petit bonhomme ?

- Hello, I ‘m sir Terry Kingtown, I was searching for your famous Patagonia boardshorts …

- Ah mais c’est que c’est plus la saison mon bon ami, est-ce qu’il vous serait agréable que je descende à la cave voir s’il nous reste quelques exemplaires ?

- Ouais ouais ouais ça m’intéresse

Elle revient l’air désolée, non y en a vraiment plus.

C’est pas grave je dis, grand seigneur.

- Y fait du surf le petit monsieur ?

Je reste calme, j’ai clairement affaire à une bombe atomique qui n’a pas froid aux yeux.

- Sometimes … ça surfe en ce moment à New-York ? Je demande

en prenant l’air détaché du gars qui s’y connait un peu quand même  …


©GYPS


Le surf à New-York … j’avais vu des articles sur Montauk , le spot ‘artistes tout au bout de Long Island,  où l’on retrouve les maisons d’Andy Wahrol et de Peter Beard,  le film « Eternal sunshine of the spotless mind » a été tourné à Montauk, c’est là aussi que sévit le photographe Michael Dweck qui voit passer beaucoup de surfeuses nues quand il se ballade sur la plage, je me rappelais en particulier d’une photographie que j’avais trouvé vraiment très très artistique,  ce souvenir me laisse un air béat un brin rêveur …


©GYPS


J’avais bien envisagé de surfer à New-York mais Montauk me paraissait un peu loin, je trouvais ça franchement cool comme idée, surfer à New-York …

Et c’est là que ma New-Yorkaise me dit qu’elle les voit passer tous les matins, les surfers …

Ils partent avant l’aube, ils prennent le métro pas loin, il fait encore nuit .

Elle m’explique qu’en ce moment avec l’ouragan Earl les vagues sont supers ,

je regarde dehors et je vois pile à ce moment là un mec passer avec un magnifique longboard jaune sous le bras.

Long Island elle me dit, il faut aller à Long Island.

C’est le plus simple pour y aller mais les vagues ne sont pas des plus faciles.

La station c’est Rockaway beach, on s’arrête à la 67 th …

Rien de plus simple il suffit de prendre le subway …


©GYPS


Le lendemain matin à l’aube on prend le métro , on descend à la 67th et dans la chaleur improbable de l’été new-yorkais on découvre que l’ouragan Earl envoie une houle de cinglés sur Rockaway Beach, devant nous ça surfe en short sous les yeux écarquillés de quelques mouettes pas tentées, c’est bien simple on se croirait à Padang Padang, je repense à Gerry Lopez,  » Surf is where you find it  » …


©GYPS


voilà ce qu’on a vu ce jour là …

©GYPS

©GYPS

My left NYC ©GYPS

©GYPS

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rockaway beach ©GYPS

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2052 : Les grandes puissances industrielles l’avaient finalement emporté sur la Nature.

Il ne restait plus que quelques jours dans ce combat inégal pour que l’Océan finisse par disparaître complètement, définitivement remplacé par la substance nauséabonde et noirâtre qu’utilisait alors des millions d’êtres humains  pour se déplacer, encore et toujours plus vite .
©Gipsy Titi

Tous ces gens passaient en effet beaucoup de temps dans des véhicules très gourmands en pétrole : tous les matins pour aller bosser, tous les soirs pour rentrer chez eux, le plus souvent seuls derrière leur volant. Parfois ils regardaient effarés d’autres êtres humains le nez collé contre la vitre d’un tramway ou d’un bus mais ils ne comprenaient pas qu’il était possible de se déplacer autrement.

Il arrivait aussi qu’un fou juché sur un vélo les dépasse dans un bouchon et la tentation était grande de l’écraser d’un simple coup de volant.

La musique du matin, douce mélodie de l’auto-radio composée d’infos plus catastrophiques les unes que les autres et de publicités qui flattaient leurs plus bas instincts, les renforçait dans leur choix de vie du moment : moi d’abord !

Ce matin-là néanmoins une information particulièrement extraordinaire retint l’attention des automobilistes du monde entier : il n’y avait plus de pétrole, l’ensemble des stocks restant s’étant finalement malencontreusement déversé dans l’Océan, on ne pouvait rien faire c’était comme ça et pas autrement, les responsables avaient disparu, les gouvernements s’avéraient impuissants, les fuites n’avaient pu être colmatées , fini les petits poissons, les gentils dauphins, algues, coquillages, adieu baleines, crustacés, pélicans, mouettes et autres volatiles.

Hum peut-être qu’on pourra toujours manger des bâtonnets de crabe et du poisson pané grâce à toutes ces nouvelles découvertes génétiques annoncées parfois à la radio. Mais plus de pétrole ?

Que va-t-on devenir ? Ne peut-on pas filtrer l’eau de mer et récupérer le précieux pétrole ?

Bah non c’était impossible d’après les infos ce soir à minuit il n’y aurait plus une seule goutte de pétrole sur notre petite planète …

Pourtant il y avait eu cette année là des signes avant-coureurs de cette grande catastrophe, signes qui n’avaient finalement pas inquiété grand monde, les médias bien informés par les lobbies pétroliers ayant abondamment relayé l’idée selon laquelle l’impact écologique de nos activités industrielles était moins important que notre développement économique.

Pour les historiens et les sociologues qui se sont par la suite penchés sur cette période particulière, une chose paraît aujourd’hui établie : à cette époque tout le monde savait qu’on allait droit dans le mur. Nous savions et nous n’avons rien fait pour que cela change.

De nombreux incidents auraient pu alerter les autorités et mobiliser l’opinion publique…

Pendant quelques semaines en effet un volcan avait paralysé le trafic aérien de nombreux pays européens, plus un avion pour décoller, des files de gens impatients, déboussolés, s’allongeaient inexorablement devant les agences des compagnies aériennes. Dans leurs jardins près de l’aéroport de Roissy, quelques français redécouvraient des plaisirs simples depuis longtemps oubliés : un grand ciel bleu sans un seul trait d’avion, des gazouillis d’oiseaux, et aussi le silence pendant la sieste.

Avec une certaine ironie sans doute le temps n’avait en effet jamais été aussi beau, soleil et grand ciel bleu, et tout le monde scrutait le ciel à la recherche du fameux nuage de cendres : vous êtes sûr on peut vraiment pas décoller ?

Un continent entier de déchets plastiques dérivait en plein milieu de l’océan atlantique, un autre dans l’Océan pacifique, et cela ne perturbait en rien nos bonnes vieilles habitudes : bouteilles, sacs, bouchons, bidons, sachets, continuaient de remplir nos poubelles, nos décharges, nos terrains vagues, nos plages, nos rivières, nos océans …

Comment cela était-il possible ?

Après quelques jours d’orages et en plein été le littoral basque avait été littéralement envahi de détritus en tout genre : plastiques, bois, l’eau de mer remplie de ces déchets semblait elle-même poussiéreuse, un surfer s’était étouffé dans un sac « vacances propres » après un take off malheureux où il avait cherché à éviter une vache morte et un poteau à la dérive recouvert de fils barbelés.

Plus un seul drapeau bleu en vue, nos belles plages étaient devenues impropres à la consommation.

L’ensemble des gouvernements réunis autour d’une même table pour décider main dans la main des mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique se heurtait à un sérieux camouflet : une fois de plus, le développement économique dictait sa loi aux imbéciles  qui rêvaient de protéger l’environnement.

Les espèces animales et végétales continuaient de disparaître massivement dans l’indifférence générale : nous adressions nos condoléances aux tigres, pandas, rhinocéros, nous prenions encore quelques photos avant disparition complète des stocks, pensant montrer quelques belles images à nos enfants, adieu les neiges du Mont Fuji et du Kilimandjaro, plus personne ne s’intéresse à vous.

La forêt amazonienne livrée à ses tortionnaires se couvrait chaque jour de cicatrices de plus en plus nombreuses, il se disait alors que l’équivalent de la surface d’un terrain de football partait en fumée toutes les deux secondes.

Les tensions entre activistes de la cause écologique et les industries multi tentaculaires ou locales étaient de plus en plus fortes : un militant d’une célèbre organisation de défense de l’environnement s’était fait harponner par un pêcheur de thon rouge, dans ce type d’opérations les insultes fusaient très régulièrement sur les militants et les armes étaient de retour.

Une première plateforme pétrolière avait cédé et des millions de litres de brut s’était déversé jour après jour au large de la Louisiane, le pétrole avait fini par remplir complètement le golfe du Mexique après plusieurs mois de fuite ininterrompue.

Après un malheureux concours de circonstances, le drame s’était  mystérieusement reproduit dans tous les Océans de la planète qui n’étaient plus désormais qu’un mélange salé de pétrole et de déchets plastiques.

Dorénavant il était impossible de se baigner sans risquer des lésions dermatologiques fatales pour l’organisme humain.

Un pré-adolescent qui ne pouvait plus surfer depuis des mois avait fini par craquer : une simple allumette jetée dans ce mélange improbable avait enflammé très rapidement le golfe de Gascogne puis l’ensemble de l’Océan Atlantique, la mer n’était plus qu’un vaste incendie, une substance noirâtre en ébullition, il faisait chaud, de plus en plus chaud pendant ce nouveau flash d’information catastrophique.

Pourvu que la clim ne s’arrête pas pensaient certains automobilistes, pas loin de périr dans cette fournaise…

La suite est entre nos mains

( Gipsy Titi  juin 2010 )

 

 

Pour fêter ça, le blog de Parlementia vous propose quelques vidéos et autres articles de presse super réjouissants pour l’avenir de la planète et de l’humanité…

Oil Disaster The Rig That Blew Up 2010
 
 
 
 

 

 

Un « continent » gigantesque de déchets se formerait dans le Pacifique Nord

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1471_continent_dechets_atlantique_nord.php

Un « continent » de déchets plastiques a été découvert dans l’Atlantique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/05/un-continent-de-dechets-plastiques-a-ete-decouvert-dans-l-atlantique-nord_1314831_3244.html

 

Les plastiques dans nos océans

Espèces disparues: «En deux générations,on a perdu un tiers des animaux de la planète»

http://www.liberation.fr/terre/0101637803-especes-disparues-en-deux-generations-on-a-perdu-un-tiers-des-animaux-de-la-planete

La liste rouge des espèces menacées

http://www.uicn.fr/La-Liste-Rouge-des-especes.html

PRINCE IS BACK !!!

Parlementia poursuit sa route à la rencontre des plus grandes stars de la pop, aujourd’hui c’est Prince que nous avions prévu d’interviewer en exclusivité pour la France mais finalement on s’est dit que c’était un peu surfait ce genre d’interview alors on a préféré ne pas le rencontrer et se concentrer sur son concert… et c’était top !!!


Direction Arras dans le nord et sa merveilleuse citadelle pour le dernier soir du Main square festival.
En « appetizer » l’excellent bassiste Larry Graham a qui on doit l’invention du slap, et qui a notamment joué avec le célèbre groupe de funk Sly and the Family Stone. Parfait pour accompagner un sandwich franchement dégueu.

A ce propos, c’est certainement la pire organisation que je n’avais jamais vue dans un concert. Il fallait, comme à la fête des scouts, faire la queue pendant un quart d’heure pour acheter des tickets, puis à nouveau faire la queue pour acheter une boisson. Mais attention au stand boisson on ne te délivre que de la boisson. Alors tu refais la queue une fois de plus pour t’acheter le sandwich dégueu. Mais attention au stand sandwich dégueu on ne te délivre que des sandwichs dégueu…. Alors tu décides de ne pas refaire la queue pour obtenir les deux cornets de frites qui t’étaient promis. Mais c’est trop con parce que c’est la spécialité dans le nord. Alors tu décides de te mettre derrière les 30 gugus qui pensent exactement comme toi et pestent après cette organisation de boy-scouts … Mais comme ça fait une demi-heure que tu fais la queue, tu as terminé ta bière. Tu vas donc devoir retourner au stand boisson…
Et la ! Au moment ou c’est à toi de commander tes frites ! Ce bougre de kid de Minneapolis fais son entrée sur un Let’s go crazy hyper groovy qui aura le mérite de mettre tout le monde dans l’ambiance chaleureuse qui sera le fil rouge de cette merveilleuse soirée.
« Hé Mec ! Tu peux te les garder tes frites ! »

 
La star va enflammer le spot en enchaînant les tubes 1999, Little Red Corvette, Controversy…


Surprise ! Deux de mes meilleurs amis Bordelais Pierre L et Xavier F sont dans la place et se dandinent sur le groove de la funk star. Bras dessus bras dessous on va alors chanter un par un les tubes du kid, toujours agréablement mégalo, qui ne se fait plus appeler Victor ou Love symbol mais bien PRINCE !
Il a toujours beaucoup d’allure le Prince, il danse toujours avec ce feeling qui n’appartient qu’à lui, même si il a rangé son grand écart légendaire.

Ce sera la seule date de concert de Prince en France et l’une des trois dates de sa tournée européenne avec la Belgique et le Danemark c’est pour ça qu’il y a une colonie impressionnante d’anglais tatoués et assoiffés qui se régale au son des Jam sessions orchestrées par le boss : « Shake Your Body » avec Larry Graham & Stokley Williams puis un super « Everyday People » avec les deux mêmes.

Waouh ça groove !

 Pendant près de 10 minutes les 10 000 personnes vont reprendre en cœur « tonight I love everybody and everybody loves me » merveilleux sous la nuit étoilées d’Arras.


C’est alors que vont s’enchainer jusqu’aux rappels Alphabet St., Kiss, Purple Rain…
Une version de Kiss excellente, groovy à souhait, joué fidèlement par le « new power generation » et sa magnifique batteuse le tout orchestré par le maitre Prince.

 Digidigidigidigidigidigidi…. Kiss !!!

Le chanteur se fait alors rappeler chaudement et nous gratifie d’un très drôle « I have so many hits », il a raison le bougre, il en manque d’ailleurs et on veut tous les entendre mais curfew oblige le kid va faire 2 retours funky mais nous laissera un peu sur notre faim… pas grave on reviendra !

Une petite frite avec Prince avant de partir ? « Non monsieur il faut quitter les lieux… » dommage il me reste encore 20 euros de tickets… Ce sera pour une autre fois, on va encore dire que je suis radin mais je garde les tickets, on ne sait jamais !

 


Prince d’un soir @ Arras (France 2)
envoyé par cro62. – Regardez plus de clips, en HD !
 

Set list Prince Arras 9 Juillet 2010
Piano intro / Venus De Milo
Let’s Go Crazy
Delirious
Let’s Go Crazy (reprise)
1999
Little Red Corvette
Take Me With U
Guitar (incl. Hot Summer chant)
Controversy
Sexy Dancer/Freak Out
Controversy (reprise)
Angel (sung by Shelby J.)
Nothing Compares 2 U
Mountains (avec Stokley Williams)
Shake Your Body (Down To The Ground) (with Larry Graham & Stokley Williams)
Everyday People (with Larry Graham & Stokley Williams)
I Wanna Take You Higher (with Larry Graham & Stokley Williams)
Alphabet St.
Kiss
Purple Rain

Dance Disco Heat
Peach
Ol’ Skool Company

Forever In My Life
7
Outro (let go, let god)

This is just a small appetizer of what’s to come next.

A final longer video will be available later, so stay tuned !

Essaouira Wave Classic 2010_Part 2 from Open Ocean Media on Vimeo.

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